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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 14:26

Dans le documentaire de Laurence Thiriat sur le « Catalogue Goering » et la spoliation par les nazis des œuvres d'art que possédaient certaines familles juives, cette phrase de François Mauriac en épitaphe de ce film : « Le sang des martyrs a fini par étouffer les bourreaux ».

 

5200, c'est, en tonnes, la masse des poussières extra-terrestres qui tombent chaque année sur Terre, selon une estimation de chercheurs français. . Ils ont, au cours de six expéditions, menées près de la station Concordia, au cœur de l'Antarctique, collecté des micrométéorites provenant de comètes (80%) ou d'astéroïdes. Ces poussières, allant de quelques dixièmes à quelques centièmes de millimètres, peuvent donner naissance au phénomène d'étoiles filantes en traversant l'atmosphère.

Elles ont aussi joué un rôle dans l'apport de matière carbonée et d'eau aux premiers âges de la Terre. (...) La masse de ces micrométéorites est bien supérieure à celle des météorites plus grosses, dont une dizaine de tonnes s'abattent sur Terre chaque année.

Article anonyme dans le journal Le Monde (avril 2021)

 

Notre époque a la nostalgie de la certitude.

 

Chez Plon, on disait ces jours-ci, que la bicyclette tuait la vente des livres, d'abord avec le prix d'achat de la manivelle, puis avec la prise de temps, que cette équitation obtient des gens, et qui ne leur laisse plus d'heures pour lire.

Edmond de Goncourt « Journal » (Dimanche 3 décembre 1893)

 

Charles et Tessy, 3 ans, une définition rapide des genres masculin et féminin :

  • Charles : Je suis un super héros !

  • Tessy : Je suis un papillon !

 

 

Question fondamentale :

Y'a-t-il une vie avant la mort ?

 

Plus d'une fois, Dany proposa aussi de venir me seconder auprès d'Ana, mais je refusai son offre, car parmi les rares choses qui ne font qu'augmenter si on les partage, il y a la douleur et la misère.

Leonardo Padura « L'homme qui aimait les chiens »

 

Le porte-parole des Yanomami, le chaman Davi Kopenawa, appelle les occidentaux « le peuple de la marchandise ».

 

Nous avons tous un père fantomatique dans la pénombre de notre existence.

 

L'essentiel, c'est de mourir au dernier moment. (Louis Ferdinand Céline)

 

Et pour finir ce mois de mai et faire ce qu'il me plaît, cette pensée de mon ami Malcom de Chazal :

Chaque oiseau a la couleur de son cri.

 

Jean Lenturlu

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 19:04

Ces Tartares n'ont souci de savoir quel Dieu est adoré dans leurs territoires... Et faites ce que vous voudrez avec votre âme et Dieu, que vous soyez Juif, Païen, Sarrasin ou Chrétien habitant parmi les Tartares. Ils reconnaissent certes en Tartarie que Christ est Seigneur, mais disent qu'il est seigneur orgueilleux parce qu'il ne veut point aller avec les autres dieux, mais être Dieu par-dessus tous les autres du monde.

Marco Polo «  Le devisement du monde » (Le livre des merveilles)

 

Dans un entretien télévisé avec Claire Chazal, dans l'émission « Passage des Arts », Gérard Depardieu a dit ces mots étranges : « Mon père était dans le présent. Il était dans la mouche qui vole autour du papier qui colle. »

 

On pourrait répartir la philosophie personnelle des hommes du XX ème siècle en deux familles, celle de la loterie nationale et celle des horoscopes. Les uns mettent leur foi dans le hasard et la chance, les autres croient à l'immanence de leurs destinés, réglées par un tiers surnaturel, la nature ou les astres.

André Thirion « Révolutionnaires sans révolution »

 

Les derniers mots de Frida Kahlo dans son journal : « J'espère que la sortie sera joyeuse… et j'espère bien ne jamais revenir. »

 

Ce 3 avril, Tinou dit sévèrement à Michat : « Et la queue dans mon assiette, c'est un titre de film ? »

 

Ainsi, lorsque nous cheminons dans un paysage de campagne, nous pouvons le découvrir, avec un peu d'attention, d'un tout autre œil, en complétant éventuellement notre regard par l'information archéologique disponible sur la région. Ce chemin est peut-être parcouru depuis deux ou trois mille ans. Cette limite de champ a pu être tracée à l'époque romaine. Cette haie date du Moyen Âge. Le paysage est un musée vivant que nous parcourons, que nous habitons, et que nous pouvons ainsi comprendre et nous approprier cette terre.

Jean-Paul Demoule « On a retrouvé l'histoire de France » (Comment l'archéologie raconte notre passé)

 

  • Envoyez des hommes voir ce qui les amènent. S'ils ne finissent pas décapités, nous saurons que les Écossais sont disposés à négocier.

  • Je crois que je vais y aller moi-même. Je n'ai pas envie d'envoyer des hommes se faire trucider.

  • Voilà pourquoi vous ne serez jamais un chef, Aïdan.

Dialogue extrait de la série « The Last Kingdom » (épisode 2 – saison 4)

 

Et pour finir ce mois de la farce, cette pensée de mon ami Frédéric Nietzsche :

Les abîmes sont pour les hommes profonds.

 

Jean Lenturlu

 

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 09:58

Après quatre mois de vacance(s) dû au mégalovirus, j'ai recommencé les dédicaces en librairie. C'est comme si je retrouvais avec joie de vieux amis....

 

Les Tatars sont un des vecteurs de la peste noire de 1348. En effet, lors du siège de Caffa de 1346, Djanibeğ sur le point de l'emporter voit ses troupes décimées par cette maladie. Obligé de se retirer, il donne l'ordre de catapulter les corps de ses soldats morts de la peste dans la cité de Caffa. Les nefs génoises en provenance de Caffa firent escale en Sicile, à Naples, à  Gênes et à Marseille dont les habitants n'avaient pas d'anticorps contre cette nouvelle variante de la peste. L'épidémie qui débuta en 1348 emporta plus d'un tiers de la population de l'Europe occidentale en cent ans.

(Source Wikipédia article « Tatars »)

Ce prince mongol venait d'inventer la première arme bactériologique de l'histoire...(c'est moi qui rajoute cette remarque).

 

Dans le « Kaléidoscope » n°135 de Michel Bazin, trouvé cette pensée de Frédéric Lordon :

" Demander aux banquiers de faire un effort d'imagination pour régler le problème de la dette, c'est demander à une dinde d'inventer le tournebroche."

 

Dans la préface de l'oeuvre de Barbey d'Aurevilly, cette phrase de Philippe Sellier :

« Tout homme est un buisson ardent. »

 

Il était tellement timide qu'il n'osait pas se parler à lui-même.

 

« La souffrance est une chose terrible , Tao Gan. Parfois elle grandit les êtres, la plupart du temps, elle les dégrade. »

Robert Van Gulik « Le singe et le tigre » (Les enquêtes du juge Ti)

 

Je suis un éteignoir de femmes vives.

 

Ce croquemort sinistre qui me dit «  J'ai envie de m'étreindre ».

 

Trente ans que Serge Gainsbourg est mort (peut-être pour cette raison) : « Je connais mes limites. C'est pourquoi je vais au-delà. »

 

Dans le « Petit Dictionnaire des dieux égyptiens » d'Alain Blottière à la rubrique « Alexandre » :

Il semble que tous les mystères anciens d'Alexandre, tous les dieux de Grèce et d'Egypte prospérant dans une absolue liberté, toutes les icônes qu'on promenait dans les rues pour mieux les aimer, furent brisées en un seul jour par l'autorité d'un édit de l'empereur chrétien Théodose, à la fin du IVe siècle. Comme les autres temples des religions abolies, le mausolée d'Alexandre fut fermé, et bientôt détruit. Personne ne vit jamais plus son cercueil en verre ni son corps embaumé, disparus dans ce déicide au nom d'un seul dieu. »

 

Et pour finir ce mois qui annonce le printemps, cette pensée sentimentale de mon ami Henry Beyle :

« Une passion est la longue persévérance d'un désir ».

 

Jean Lenturlu

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 15:31

Daudet raconte qu'à l'âge de douze ans, après une absence de chez lui – c'était, je crois, sa première frasque amoureuse – rentrant à la maison, la tête perdue, et s'attendant à une terrible raclée, la porte ouverte par sa mère, il lui venait soudainement l'inspiration de lui jeter : « Le pape est mort ! » Et devant l'annonce d'un tel malheur pour cette famille catholique son cas à lui, Daudet, était oublié. Le lendemain, il annonçait que le pape, qu'on avait cru mort, allait mieux, et grâce à cette mirobolante invention, il échappait à l'emportement et aux sévices du premier moment.

Journal des Goncourt (Jeudi 21 juillet 1887)

 

Grande amatrice de champagne, dont elle aurait dit, selon la légende, qu’il est « le seul vin qui laisse la femme belle après boire », la marquise de Pompadour favorisa sa consommation à Versailles. Mais le champagne avait été introduit à la cour sous la Régence. Une légende veut que la première coupe à champagne ait été moulée sur son sein.

(article Wikipédia)

 

Louise, ma fille, qui me demande en étendant le linge : As-tu un slip préféré ? Je lui réponds : « Non ». Elle : « Ta vie doit être morne ».

 

En ce moment, le club des offensés a beaucoup de membres. En antidote, cette maxime de Guy Bedos : « Le sérieux est le cholestérol de l'imaginaire ».

 

Ce n'est qu'à la Renaissance, moment du renouveau des études grecques, que la première édition de l'Iliade et de l'Odyssée est produite à Florence en 1448, grâce à un savant grec du nom de Démétrios Chalcondylas.

Hélène Monsacré « Le moment Homère » introduction à « Tout Homère » (édition Les belles lettres- Albin Michel)

 

Soit blessure, soit bonheur, il me prend parfois l'envie de m'abîmer.

Roland Barthes « Fragments d'un discours amoureux »

 

Le Bailli, qui n'avait jamais fait grand chose dans sa vie, disait toujours : « A quoi bon , on n'a le temps de rien. La vie est trop courte ! » Je lui dis : « Mais pourquoi vous êtes vous marié ? - Pour qu'elle paraisse plus longue ».

Paul Léautaud « Passe - Temps »

 

Aujourd'hui, comme j'ai le temps, je chie des pendules.

 

Dans la cité antique, l'armée était une milice de citoyens, qui n'existait en tant qu'armée qu'au moment où elle était mobilisée pour une action dirigée contre le monde extérieur.

Moses I. Finley « L'invention de la politique »

 

Elle avait des fragments d'éternité dans les yeux.

 

Et pour finir ce mois, une pensée de mon ami Francis Picabia : Les jours de pluie ressemblent aux vacances.

 

Jean Lenturlu

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 10:34

Ce n'est pas le temps qui passe, mais toi. (Meilleurs vœux de décès)

 

L'écriture comme la magie peut être blanche ou noire. J'ai choisi (?) celle qui dérange plutôt que celle qui fait du bien. (Je n'aime pas les écrivains blanchâtres)

 

Me perdre dans ma bibliothèque et retrouver des livres oubliés (joie).

 

J'écoute « Le voyage d'hiver » de Schubert interprété par Dietrich Fisher-Dieskau sur ma platine vinyle (La voix de son maître) qui date de 1827 et je regarde la neige qui tombe dehors sur soixante années de vie givrée... (le 15 de ce mois)

 

Parfois il neige dans ma mémoire

Il neige du sel sur ma langue

Quand je crie la nuit.

Paola Pigani (La renouée aux oiseaux)

 

Petit conte moral :

Tu as des problèmes de propriétaire

J'ai des soucis de locataire.

 

Non, je n'ai pas les mains sales

La preuve, j'ai fait de la peinture.

Anne Sylvestre

 

  • Ecoutez-moi, jeune homme, ne vous précipitez pas, le temps est plus long que la vie.

Leonardo Padura « Le Palmier et l'Etoile »

 

Chez les Grecs, il y avait des oracles travaillant sur les rêves auxquels des malades en quête de guérison avaient coutume de rendre visite. Le malade allait au temple d'Apollon ou d'Esculape, là il était soumis à divers cérémonials, baigné, frictionné, enfumé, et ainsi placé dans un état d'exaltation, on le couchait dans le temple sur la peau d'un bélier sacrifié, il s'endormait et rêvait de moyens curatifs qui lui étaient montrés, soit sous forme naturelle, soit dans des symboles et images que les prêtres interprétaient ensuite.

Sigmund Freud « L'interprétation du rêve » (note ajoutée en 1914 dans la partie « La littérature scientifique sur les problèmes du rêve »)

 

Mon prochain livre traitera de la paternité impossible si le mégalovirus et notre Roi-Président me permettent de revenir voir mes libraires préférés à partir de février ou mars sinon il restera sous forme de tapuscrit...

Une question effrayante d'Hisham Matar qui sera dans le livre et qui m'obsède : Est-ce possible d'être un homme sans devenir son propre père ? »

 

Et pour inaugurer cette nouvelle année, cette pensée de mon ami Joubert qui date d'Août 1800 et qui s'adresse cruellement à nous :

« Tous ces mots, cet appareil, cette méthode et ces raisonnements qui nous font espérer des idées et nous trompent : rien n'est plus propre à nous fatiguer. »

 

Jean Lenturlu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 20:41

Privé de dédicaces depuis mi-octobre à cause du mégalovirus, je chômedu du stylo et je rêve que j'écris...

 

Ayant envie de relire le journal de Samuel Pepys, je retrouve à l'intérieur une dédicace inconnue à l'intention d'Alain Cuny, lors de son passage au Grand Théâtre à Limoges le 13 octobre 1989. Je me renseigne via Wikipédia sur la carrière théâtrale de ce comédien que je connais vaguement et je tombe sur cette anecdote : En 1974, Alain Cuny tient le rôle de Mario, théoricien de l'amour libre, dans le film « Emmanuelle » où il cite à foison Gaston Bachelard. Il déclarera par la suite : « J'ai joué dans « Emmanuelle » pour me débarrasser de l'estime des gens que je n'estimais pas. » Ma relecture commence bien...

 

En période de confinement, cet extrait de « La zone du dehors » d'Alain Damasio me paraît à la fois pertinent et hélas d'une réalité psychiatrique pour beaucoup d'entre nous : « A minuit, la télévision s'éteignit enfin. Je continuais cependant à la regarder, en proie à une invincible torpeur. Et ce que je vis alors, reflété par le verre grisâtre de l'écran, ne fit que l'épaissir : simplement moi, assis qui me regardais. J'eus graduellement l'impression que cet homme assis dans la télé m'observait, qu'il entrouvrait ma peau avec ses yeux gris et qu'il y contemplait quelque chose de la lente lutte en moi... Un chien... Il était revenu... Il avait mordu le tigre aux griffes de silence... lui avait transmis sa rage... l'avait rendu malade comme un chien... »

 

Dans la correspondance de Stendhal, dans une lettre à sa sœur Pauline datée du lundi 23 décembre 1805 (il y a donc maintenant 215 ans et il avait 22 ans), il écrit ceci : « Porter un jugement n'est jamais que remarquer une circonstance dans une idée. »

 

Le plus grand photographe que je connaisse est chilien et il s'appelle Sergio Larrain. Dans la monographie magnifique des éditions Xavier Barral, ces mots du photographe : « Je veux que les photos que je fais soient une expérience immédiate et non une mastication. J'ai compris que la photographie, comme toute expression artistique, on doit la chercher au fond de soi. La photo parfaite est une sorte de miracle, qui apparaît dans un éclat de lumière-sujet, formes et état d'âme parfait - , on presse le bouton presque par hasard et le miracle se produit. (1960)

 

Il est où, le chemin des porteurs de combustibles neufs ?

(phrase écrite avec l'aide d'André Thirion, moi le début jusqu'à la virgule et lui le reste)

 

J'ai la chance de ne jamais gagner à la loterie nationale.

 

Et pour finir cette année 2020, une pensée de la mère de mon ami chanteur Arno :

« N'essaie pas d'être quelqu'un d'autre, le plus facile est d'être soi-même. »

 

Jean Lenturlu

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 16:58

A La Chaise-Dieu début octobre, dans la librairie « Dans la forêt » une dame qui me dit : Je ne vous achète pas de livre, j'en ai déjà un !»

 

Je verrai bien sur les façades des monuments républicains cette sentence de Babeuf qu'il a publié dans « la Tribune du Peuple » le 21 décembre 1795 : Les fruits de la terre sont à tous et la terre à personne.

 

Cette anecdote pêchée dans le journal des frères Goncourt datée du dimanche 10 février 1884 :

L'auteur du chef-d'oeuvre intitulé « Le mariage de Loti », Monsieur Viaud, en pékin, est un petit monsieur fluet, maigriot, aux yeux profonds, au nez sensuel, à la voix ayant le mourant d'une voix de malade.

Taciturne, comme un homme horriblement timide, il faut lui arracher les paroles. Un moment, il indique, en quelques mots, comme la chose la plus ordinaire, la tombée à la mer d'un matelot par gros temps, et l'absolution, donnée du haut du pont, par l'aumonier, à ce malheureux abandonné sur sa bouée.

Et comme Daudet lui demande, s'il est d'une famille de marins, il répond le plus simplement du monde, de sa petite voix douce : « Oui, j'ai eu un oncle, mangé sur le radeau de la Méduse ».

 

Le château des pauvres contre le taudis des riches.

 

On aime d'amour ceux qu'on ne peut aimer autrement. (Natalie Barney)

 

Ce beau poème de Paul Eluard qui ressemble à Tinou :

 

Tu bâtis une maison

Et ton cœur la mûrit

Comme un lit comme un fruit

Et ton corps s'y réfugie

Et tes rêves s'y prolongent

C'est la maison des jours tendres

Et des baisers dans la nuit.

 

Mon rêve de réussite : vendeur de gel hydroalcoolique.

 

Dorénavant, je ne parlerai qu'aux femmes qui me sourient.

 

A l'adresse de tous les experts qui savent ce qu'il faut faire... cette pensée de Peter Handke :

« Oui, sais-tu donc si peu de choses qu'il te faille toujours parler de ce que tu sais ? »

 

Je rêve de grandes surfaces commerciales à l'abandon... et de petits commerces de proximité qui nous accueillent comme des amis.

 

Pour finir ce mois de nouveau confiné, cette pensée lumineuse de mon ami Francis Picabia (dans Jésus Rastaquouère) :

Vous êtes heureuse ? Figurez-vous qu'il n'y a pas de lendemain, la vie est aujourd'hui et aujourd'hui n'existe pas.

 

Jean Lenturlu

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 16:12

Dans le catalogue d'exposition « Le chat s'expose » de Philippe Geluck qui retrace sa vie artistique et ses origines, celui-ci parle de l'humour belge (à ne pas confondre avec les blagues belges) et de la « swanze » bruxelloise : « Elle nous fait d'abord rire de nous-même : une poissonnière écorche des anguilles vivantes sur le marché aux poissons. A un client horrifié qui lui demande si ça ne les fait pas horriblement souffrir, elle répond : « Oh non ! Vous savez, elles ont l'habitude ! ».

 

La Nuit, déesse des ténèbres, fille du Chaos, est de fait la plus ancienne des divinités. Certains poètes en font la fille du Ciel et de la Terre ; Hésiode la met au nombre des Titans, et la nomme la mère des dieux, parce qu'on a toujours cru que la nuit et les ténèbres avaient précédé toutes choses. Elle épousa l'Erèbe, son frère, dont elle eut l'Ether et le Jour. Mais elle avait engendré seule, sans le commerce d'aucune divinité, l'inéluctable et inflexible Destin, la Parque noire, la Mort, le Sommeil, la troupe des Songes, Momus, la Misère, les Hespérides, gardiennes des pommes d'or, les impitoyables Parques, la terrible Némesis, la Fraude, la Concupiscence, la triste Vieillesse et la Discorde opiniâtre ; en un mot, tout ce qu'il y a de fâcheux dans la vie passait pour une production de la Nuit.

Pierre Commelin « Mythologie grecque et romaine »

 

J'aimerais bien que nous nous séparions avant qu'elle me quitte.

 

Quand je lui demande comment ça va, elle me répond : « Ça valse et ça vacille ».

 

Dans une lettre du docteur Destouches (Céline) à Eveline Pollet du 25 octobre 1938 il écrit ceci : « Regardez bien un cimetière. Il contient tous les mots, toutes les passions, tout. A mesure qu'on avance vers le cimetière, il convient de s'alléger de tout ceci, d'y arriver le moins lourd possible de bêtises. C'est l'oeuvre même ! »

 

Boris Vian aurait eu 100 ans cette année et Juliette Gréco vient de mourir à 93 ans ce mercredi 23 septembre, ce qui ne nous rajeunit pas. Dans un article hommage du journal Libération, celui-ci republie un entretien avec la grande dame en noir du 4 novembre 2003 qui parle de sa relation à la scène : « D'abord, j'arrive très tôt au Théâtre. J'ai besoin de renifler partout, de savoir où est ma place, et si j'y suis. Puis, dans ma loge, je range mes affaires. Je place les crayons bien droits, je fabrique un lieu que j'investis. Et je cultive ma terreur. Je l'arrose un peu, en attendant que le temps passe... » (propos recueillis par Ludovic Perrin et Antoine de Baecque)

 

Ce samedi 19 septembre, dans la rue du Port à Clermont-Ferrand, devant la galerie de Sounya Whang, pour les Arts en balade, cette femme qui regarde mes livres et qui me demande : « Vous êtes autodidacte en écriture ? »

 

Découvert le journal posthume « Le grand large du soir » (1997-1998) de Julien Green que je trouve très puissant dans sa densité existentielle avec par exemple cette note du 11 mai 1998 (il meurt le 13 août de la même année) : « La vraie aventure commence avec la mort ».

 

Et pour finir, cette pensée de mon ami Philippe Bosser (dans « Les rêveries de la phrase célibataire ») :

 

Tant qu'il y aura des « auteurs », on en restera à une littérature de petits propriétaires.

 

Jean Lenturlu

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 11:17

Il n'y a pas plus tragique que la sincérité.

 

Cette grande, cette fluette femme, à la taille un peu carrée, à la gorge toute menue, est très brune, avec de grands yeux noirs, tout doux, et dont le regard est comme une caresse. Autour d'elle, il y a une petite senteur sauvage, perdue dans un goût d'héliotrope. Aujourd'hui, elle porte une robe rose, et sa longue et gracieuse personne fait un effet charmant dans la verdure foncée des chênes de la forêt, en son marcher lent, en ses accroupissements légers, pour cueillir une fleur...

Et la femme est, pour ainsi dire, toute vêtue de chasteté.

Journal des frères Goncourt (lundi 19 août 1878)

 

Dans « Le promontoire du songe » Victor Hugo écrit : « L'homme qui ne médite pas vit dans l'aveuglement. L'homme qui médite vit dans l'obscurité. Nous n'avons que le choix du noir. »

 

Lui : Pourquoi es-tu malheureuse ?

Elle : Parce que je suis.

 

Le beau titre du journal de bord de Catherine Deneuve : « A l'ombre de moi-même ».

 

Dans une entrevue avec « Le Monde des livres » du journal Le Monde, l'écrivain islandais Jon Kalman Stefansson dit au journaliste :  « Il n'y a pas grand-chose à faire, si ce n'est rester debout. Ceux qui courbent l'échine ne voient pas l'horizon. »

 

J'aimerais un jour écrire un polar qui tue ses lecteurs.

 

Marcher dans la montagne me donne envie de faire l'amour.

 

J'aime savourer l'écriture de David Goodis comme ceci dans « La nuit tombe » : « En dépit de la souffrance, en dépit du vertige et du voile écarlate, en dépit de cette avalanche de rochers fracassés qui s'entrechoquaient, en dépit de cette marée de ténèbres tachetées de rouge et de quelques touches d'un violet livide, en dépit de tout cela se maintenait une zone de paix, de paix de la mémoire ; il fit un effort gigantesque pour l'atteindre. »

 

Par hasard dans un dépôt vente, je trouve le dernier tome du journal de Julien Green « Le grand large du soir », qu'il écrit à la fin de sa longue existence (il a 96 ans). J'aime ces rencontres fortuites qui ouvrent l'horizon de la pensée. Je n'aurai jamais lu volontairement cet auteur et j'y trouve des matières précieuses comme ceci : « Les mots sont pleins de rêves qui attendent ».

 

Sommes-nous plus hypocrites ou plus authentiques sous nos masques ?

 

Pour finir ce mois de rentrée littéraire et scolaire (pléonasme?) cette pensée de mon amie Chris Saulnier tirée de son « Mathématiques appliquées...ou presque » :

« L'humour du second degré n'est pas vraiment perceptible dans les équations de ce type. »

 

Jean Lenturlu

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7 juillet 2020 2 07 /07 /juillet /2020 14:09

Après trois mois de pause confinatoire, retour aux dédicaces devant les librairies avec quelques perles comme à Bourg-en-Bresse où deux dames passent devant ma table de livres et j'entends :

  • Tu lis toi ?

  • Non, je n'arrive pas à me mettre dans un livre.

Peu après, un vieux monsieur, sac à dos, cigarette au bec qui lit quelques aphorismes d'un de mes livres et me demande : « Vous n'en avez pas un plus saignant ? » avec le geste du couteau au niveau de la gorge.

 

Cette question d'Hisham Matar qui sera peut-être la matrice de mon prochain livre et qui m'obsède :

Est-ce possible d'être un homme sans devenir son propre père ?

 

Si un jour, après ma disparition, on célèbre mon œuvre artistique en attribuant mon nom à une rue, j'aimerais que ce soit une impasse.

 

Dans le journal des Goncourt ce vendredi 5 janvier 1872, Edmond G. note ceci :

« jamais un auteur ne s'avoue que, plus sa célébrité grossit, plus son talent compte d'admirateurs incapables de l'apprécier. »

 

Les fichiers ne sont ni bons, ni mauvais. Les fichiers n'ont pas d'état d'âme. Les fichiers n'ont pas d'âme : ils voient tout, mais ils ne savent rien, ils ignorent l'usage que l'on fait d'eux, ils n'entendent pas les cris, ils ne devinent pas les coups. Ils parlent et ils restent muets. Ce sont des instruments loyaux, les fichiers font simplement leur devoir : l'essentiel pour eux est d'être complets, que le nom, l'âge, le sexe, les signes particuliers soient bien bien lisiblement calligraphiés, sans faute d'orthographe ni erreur sur la personne.

Jérôme Prieur « Entre les lignes » dans le livre « Archives de la vie littéraire sous l'occupation »

 

Oh, vous êtes marié, me dit-elle, comme c'est dommage !

 

On ne nous aime pas mais nous nous aimons.

 

Comme Pierre Molinier, il faut que je trouve un petit vampire...

 

Le grand avantage des musées c'est qu'ils servent de camps de rassemblement pour touristes, ainsi certaines rues restent-elles libres pour les solitaires.

Michel Polac « Journal » (29 mai 1980)

 

Est-ce qu'un être profondément solitaire peut vivre en couple ?

 

Mon gong retentit pour enseigner à chacun que l'heure passe, qu'elle n'attend personne, mais passe et s'en va pour jamais.

Rabindranath Tagore « Amal et la lettre du roi »

 

J'aime ressentir cette peur animale de notre corps face à la réalité de notre mort prochaine.

 

S'enfermer dans sa propre vérité devient un mensonge.

 

Et pour finir ce mois de juin déconfiné, une pensée lumineuse de mon ami Armand Robin (Fragments) : La machine humaine doit être utilisée au maximum dans la lutte.

Jean Lenturlu

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