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1 juillet 2021 4 01 /07 /juillet /2021 12:54

Il y a tant de raisons d'écrire, outre celle de publier. Par exemple exalter la conscience, l'attention ; tracer un chemin ; son chemin ; détruire ; croître. Et tout se ramène à une certaine forme de vie, qui est l'œuvre par excellence, et dont, peut-être, la chose écrite se détacherait plus naturellement et moins perceptiblement s'il était admis qu'en effet la vie soit l'œuvre. Cette opinion est d'ailleurs démodée, tout athénienne qu'elle soit.

Catherine Pozzi (Lettre à Jean Paulhan le 10 juin 1931)

 

Dans la nuit du 16 au 17 juin, à LP, la petite M. vient me voir parce qu'elle a fait un cauchemar. Elle me demande : « Comment on fait pour faire des rêves ? »

 

Ce qui nous arrive possède une telle avance que nous ne pouvons jamais le rejoindre et connaître sa véritable apparence.

Rainer Maria Rilke (trouvé dans le livre de Sophie Calle « Des histoires vraies »)

 

À la librairie « Le bateau Livre » à Cournon, cette dame qui me demande en regardant mes livres : «  Ce sont des livres pour les éléphants ? » Rire général ! Le titre de mon dernier livre a dû l'influencer et à cause de leurs couvertures colorées, beaucoup de lecteurs croient au premier abord que mes livres sont à destination de la jeunesse..

 

Dans la page « Carnet » du Monde du vendredi 25 juin 2021, ce texte sur le sommeil en exergue du faire part annonçant le décès du philosophe Robert Dumas qu'il a écrit dans un de ses ouvrages (du moins je le présume) :

« Le sommeil ne vient pas du dehors comme l'ombre d'une pièce. On s'endort par une décision que le corps ratifie. Dormir, c'est alors se retirer de ses actes pour se reposer dans l'âtre. Il n'y a pas d'épanouissement sans passer par le sommeil. Ainsi la nuit finit par me vaincre et chaque matin brille comme une promesse. »

 

Je réécoute en ce moment « l'Abécédaire » de Gilles Deleuze et j'en extrais ceci :

« Le vrai charme des gens, c'est le côté où ils perdent les pédales, c'est le côté où ils ne savent plus bien où ils en sont. Cela ne veut pas dire qu'ils s'écroulent, au contraire, c'est des gens qui ne s'écroulent pas mais si tu saisis pas la petite racine ou le petit grain de la folie chez quelqu'un, tu peux pas l'aimer. »

 

Je lis (entre autres livres) « Terre d'ébène » d'Albert Londres qui est un saisissant (et effrayant) reportage sur les colonies françaises en Afrique dans les années 1920 et j'extrais ce témoignage d'un chef de chantier des coupeurs de bois des forêts de la Côte d'Ivoire :

J'ai toujours la trique à la main. On ne connaît pas deux façons de travailler ici. C'est dommage. Mais je les soigne. Je ne les vole pas sur leurs rations. Ils savent que je suis juste si je suis dur. Pas un ne m'en veut. Ils sont même rares ceux de chez moi qui ne finissent pas leur contrat. Je suis celui qui fait le moins de morts dans la région. Que voulez-vous, pénible à dire, mais la machine ne peut remplacer le nègre. Il faudrait être millionnaire. Le moteur à bananes, il n'y a rien de mieux. D'ailleurs, seul le nègre peut marcher dans le poto-poto.

Ce jeune homme était logique. Lui, était venu en Afrique pour faire du bois avec les moyens en vigueur. Il ne dépassait pas le règlement.

 

Et pour finir ce mois de juillet cette définition de mon ami Ambrose Bierce trouvée dans « Le Dictionnaire du Diable » :

Imagination : Entrepôt d'idées, dont le poète et le menteur sont copropriétaires.

 

Jean Lenturlu

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