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Le blog de Jean Lenturlu

journal de campagne de mai 2026

1 Mai 2026 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

On trouvait de tout dans notre quartier. Par exemple, un type imprimait chaque jour un billet de dix roupies. On le faisait sécher sur la terrasse. Un enfant était chargé de le fourguer. Ce type était assez raisonnable pour ne pas en imprimer plus. Il se contentait de ce qu'il lui fallait pour la journée. Il savait bien que s'il en avait fabriqué davantage, il serait allé respirer l'air de la prison.
Daya Pawar « Ma vie d'intouchable »

 

La mort n'est pas une excuse.

Jules Vallès

 

La quête du dernier verre ne s'arrête jamais, parce que c'est au-delà de la soif.

Le personnage Carlobianchi dans le film de Francesco Sossai « Le dernier pour la route »

 

La Kolyma, terre des métamorphoses, remet en cause l'existence même de la matière organique et transforme le détenu en homme minéral.
Lorsque l'homme a franchi toutes les étapes du dépouillement, il se trouve réduit à une certaine quantité de matière, d'os et de muscles. Il n'est alors plus que matière quantifiable, et l'étincelle de vie qui l'anime encore est fonction du poids de ce qui lui reste de chair. Il est perçu et se perçoit lui-même comme de la chair illégitime parce que vivante, mais suceptible de se figer, de se « pétrifier ». La mort, simple passage de la matière à l'état inanimé, est fonction de grammes en moins.

Luba Jurgenson dans la préface au livre de Varlam Chalamov « Récits de la kolyma »

 

Lorsque les gangsters ou les fous furieux sourient, il est difficile de leur résister ; on veut en finir au plus vite avec la source de ses malheurs, on veut la paix. Et puis, entre deux épisodes de tortures morales, un sourire possède sans doute un charme particulier, comme une éclaircie.
Eric Vuillard « L'ordre du jour »

 

Ne voilà pas de braves messagers

Qui vont errant par pays étrangers

Ces pauvres gueux pleins de bonaventures

Ne portent rien que des choses futures

Hans Jacob Christoffel Grimmelshausen « La Vagabonde Courage » (adaptée au théâtre par Bertold Brecht en 1941  sous le titre « Mère courage et ses enfants ») Extrait trouvé dans « Les Tsiganes une destinée européenne » d'Henriette Asséo

 

« J'ai effectivement beaucoup tourné. Je ne sais pas combien, je ne tiens pas de compte. Ce que je sais, en revanche, c'est que c'est si douloureux de ne pas travailler qu'il m'arrive de traverser des moments de boulimie. Et puis, ça dépend tellement du désir des autres, comme quand on a envie d'embrasser quelqu'un. C'est tout de suite ou pas. »

Nathalie Baye (comédienne et actrice qui vient de mourir à 77 ans ce vendredi 17 avril 2026)

Source Libération du lundi 20 avril 20026 avec des reprises d'entretien à Libération en 2008 par Anne Diatkine et Didier Péron

 

Et pour finir ce mois de mai, cette pensée de mon ami poète Maurice Blanchard dans son journal « Danser sur la corde » du vendredi 26 mars 1943 :

L'objet n'est pas l'élément principal du plaisir.

 

 

Jean Lenturlu

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