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Le blog de Jean Lenturlu

Journal de campagne de septembre 2019

1 Octobre 2019 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

J'aime dans les journaux intimes ce genre de notes comme celle de Jacques Brenner datée du mercredi 10 décembre 1941 : « Je me vois tellement laid dans une glace au Printemps, que je rentre en vitesse m'assurer dans la mienne qu'elle exagérait. »

Petit dialogue entre un journaliste (K) et mon ami Buk (B) qui vous servira peut-être un jour :

K : « Ecoutez, si le monde devait disparaître dans un quart d'heure, que feriez-vous, que diriez-vous à la population ? »

B : « Je leur dirais rien. »

K : Bon, allez mec, vous n'êtes pas très coopératif ! Alors... Si le monde devait disparaître dans un quart d'heure, je veux savoir ce que vous feriez ! »

B : Je ne bougerai pas de place, exactement comme je suis en train de le faire maintenant. »

K : « Mais que diriez-vous à la population mec, la POPULATION ! »

B : « N'oubliez pas de changer de tramway au prochain arrêt. »

Charles Bukowski « Correspondance 1958-1994 » (lettre du 26 mars 1963)

 

Mettre sur ma tombe (tiré d'une citation d'Alain Damasio dans « La Horde du Contrevent ») :

« Il était un homme du pur présent et de l'extrême oubli. »

 

J'aime les humiliations naturelles.

 

« Plusieurs femmes viennent à vous, vêtues de soie, comme des mouches vertes. »

(Fin du texte poétique « Le compliment à l'industriel » de Francis Ponge.)

 

Encore Flora Tristan, mon héroïne actuelle, qui écrit dans son livre posthume « Le testament de la Paria » : « Est-ce que l'intelligence suprême a pu lancer le soleil dans l'espace et ordonner la marche merveilleuse des sphères pour que des êtres à gros ventre et à figure sans génie brocantent entre eux les produits de la terre, y compris les hommes afin de parvenir à manger seuls, à avoir seuls des maisons et des vêtements, à jouir seuls enfin, non pas de la pensée, mais du pouvoir d'étouffer la pensée ! »

 

Dans le journal des Goncourt cette phrase écrite fin février 1854 : « L'Humanité a tout trouvé à l'état sauvage : les animaux, les fruits , l'amour. »

 

Me retenir d'écrire.

(Cette petite phrase est déjà un échec.)

 

Et pour finir ce mois, cette pensée de mon ami Charles Péguy :

Le plus dur c'est de voir ce que l'on voit.

 

Jean Lenturlu

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