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Le blog de Jean Lenturlu

journal de campagne de mai 2011

7 Juin 2011 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

L’air bovin de certaines personnes quand je leur parle de mes livres.

 

A Monistrol sur Loire, chez Damien au studio Golgoth 43, avec toute l’équipe artistique du nouvel album (Christophe, Nicolas, Armelle et Alexandre), pendant ces 4 jours (du jeudi 2 au dimanche 5 juin), les chansons sont rentrées dans la boîte magique, irriguées par une forme de lévitation de la musique sur notre désir de ne pas mourir, d’être immortel et de fixer le miroir de cette alchimie étrange.

 

Dans la rue, à Nevers, le 20 mai, devant la librairie, ce jeune homme en riant qui crie une insulte à un camarade : « Ta mère à poil devant la gare ! »

 

Dans un entretien avec Aliette Armel dans un vieux « magazine littéraire » de 1997, Daniel Pennac s’exprime et j’extrais cette pensée : « Je vois l’existence comme la succession de trois âges. L’enfance se déroule comme une sorte d’éternité (le temps n’existe pas) et dans l’adoration du père et de la mère. L’adolescence relève de la perpétuité (le temps ne passe pas) et on découvre la faille : le père - héros a des pieds d’argile et on lui en veut à mort, non pas d’être ce qu’il est, mais de ne pas correspondre à l’idée qu’on s’est fait de lui et qui n’engageait que nous. La seule définition acceptable, selon moi, de la maturité, c’est le pardon. Etre adulte, c’est se savoir mortel et pardonner à nos géniteurs leurs faiblesses de mortel. »

 

Cet aphorisme de Fernando Pessoa, implacable dans sa clarté : La sincérité est le plus grand obstacle que l’artiste doit vaincre.

 

J’aime le flacon de l’ivresse, non l’alcool qui est dans la bouteille.

 

Sa douleur me fait du bien.

 

Pour finir, ce développement magistral écrit par Jean Guéhenno le 12 février 1943 (journal des années noires) et qui a des résonances odieuses en ce moment dans ce que la politique nous offre de pire : « Jamais la République n’a osé franchement enseigner la République. C’est de cela qu’elle est morte peut-être. La bourgeoisie n’est devenue « républicaine » que pour continuer à contrôler les pouvoirs. Elle n’a jamais cessé de « résister », comme le faisait M. Guizot. Elle n’a pas cessé d’avoir peur de « l’égalité » et ne tenait à exalter dans les petites gens ce droit d’espérer qui était inscrit dans la loi même. A l’inverse, elle n’a pas tenu non plus à leur rappeler que la loi républicaine doit être une dure loi ; elle avait trop de souci de garder elle-même ses aises et de préserver sa propre mollesse. »

 

Jean Lenturlu

 

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