journal de campagne de juillet 2013
Moins de dédicaces cet été et plus de camping. Les vacances me fatiguent.
Des embûches semées de vie.
Mettre sur ma carte de visite : faux chanteur.
Conseil de lecture pour l’été : La Compagnie Blanche, un roman de Sir Arthur Conan Doyle qui restitue magnifiquement l’esprit des chevaliers du moyen âge et l’atmosphère de la guerre de cent ans, cela écrit par un irlandais frustré par le succès de Sherlock Holmes !
Ce petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche : « Laissez-moi remplir mon gobelet d’abord, les enfants, car un récit comme celui-là donne soif. C’est lorsque tomberont les premières feuilles que le Prince se mit en route : il traversa l’Auvergne, le Berry, l’Anjou et la Touraine. En Auvergne les filles sont jolies, mais le vin est aigre. Dans le Berry, ce sont les filles qui sont aigres et le vin riche. L’Anjou est un merveilleux pays pour les archers, car le vin et les femmes vont de pair. En Touraine je n’ai rien gagné sauf des coups sur ma caboche, mais à Vierzon j’ai eu de la chance : j’ai obtenu un ciboire d’or de la cathédrale, et j’en ai tiré neuf ducats génois chez l’orfèvre de la rue du Mont-Olive. De là nous sommes allés à Bourges, où j‘ai conquis une tunique de soie couleur de feu et une très belle paire de souliers avec des glands de soie et des clous d’argent. »
J’aime t’attendre quand tu ne viens pas.
A Vienne, devant la librairie Lucioles, cette femme qui s’exclame devant le zoo des orphelines : « Et ben dis donc, après avoir regardé votre livre, il faut prendre une bonne cuite pour oublier ce qu’on a lu ! »
Pendant mes vacances, m’entraîner à sourire et à dire bonjour pour ne pas avoir l’air trop crispé en septembre pour la rentrée littéraire.
Je suis un noteur, ce qui est déjà quelque chose.
Ecrire des bribes de littérature, comme les pièces d’un puzzle qui serait ma vie.
Je vais lire cet été sur la plage de mes tourments les sermons de Maître Eckhart (les éditions du Seuil 1974) trouvé par hasard hier à l’Emmaüs de Puy - Guillaume.
Je me sens insensible.
Un aphorisme d’Erik Satie pour méditer ce mois d’août : « Je ne lis jamais un journal de mon opinion : celle-ci serait faussée. »
Jean Lenturlu
journal de campagne de juin 2013
Tout d’abord, je dois ici confesser toutes mes fautes (du moins celles qui sont sur ce blog). Paul Valéry écrivait quelque part : « Cette criminelle orthographe ! » Un monsieur de la région de Valence a trouvé les trois fautes d’orthographe de mon journal de mai. Félicitations ! (il n’est peut-être pas le seul ?) il a gagné à ne pas me rencontrer en dédicace, outré qu’un "Auteur" (ou noteur) maltraite à ce point la langue française (dixit un courriel acide à la librairie Notre Temps). Dommage que ce monsieur préfère la forme au fond, et que cette forme, toute relative dans le temps, l’éloigne de la vie… L’orthographe, c’est le style des imbéciles ! J’avoue que je suis un anti-grammairien fourbe qui fait semblant de collaborer (mal) et que j’écris nénufar sans ph parce que ce mot ne vient pas du grec mais de l’arabe !
Ecrire un livre où il n’y aurait que des fautes et des coquilles…
Avoir une tête à blagues.
J’ai monté ma petite entreprise (privé de désert) parce que je préfère me faire exploiter par moi-même que par les autres.
Dans son livre l’usage du monde, Nicolas Bouvier écrit : « La mobilité sociale du voyageur lui rend l’objectivité plus facile. »
Fouché, représentant du peuple en mission le 10 octobre 1793 à Nevers prend un arrêté interdisant d’exercer les cultes « en dehors de leurs temples respectifs », ordonnant de détruire « toutes les enseignes religieuses » se trouvant dans les lieux publics, et indiquant qu’à la porte des cimetières figurera l’inscription : La mort est un sommeil éternel. Une histoire de la révolution française d’Eric Hazan
Je lis le très bouleversant journal d’Hélène Berr qui montre bien le dilemme du juif pendant l’occupation allemande en France (fuir, s’exiler est une lâcheté et comment accepter l’ignominie des nazis et du régime de Vichy ?)
Hélène Berr porte avec douleur l’étoile jaune, rencontre des regards bienveillants et d’autres qui la rejettent. Parfois, elle refuse de la porter au risque de se faire déporter et ne comprend pas que le peuple français (catholique en majorité) accepte ce qui est fait aux juifs. Le mercredi 24 juin 1942, apprenant l’arrestation de son père par la Gestapo elle écrit : « Il fait toujours beau dans les catastrophes. » Elle mourra du typhus en déportation à Bergen-Belsen début avril 1945, quelques jours avant la libération du camp par les anglais. Elle avait 24 ans.
Je déteste les vacances, surtout celles de l’esprit.
Jean Lenturlu
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