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Le blog de Jean Lenturlu

Journal de campagne d'octobre 2018

7 Novembre 2018 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Commençons ce journal d'octobre par de l'anglais (Gertrude Stein) que je verrai bien en prélude exterminator sur toute discussion sur l'écriture et la littérature : To write is to write is to write is to write.

 

Ce petit poème de Thomas Vinau (extrait du recueil « Juste après la pluie ») :

"Mes yeux

sont des mains

qui ont

la bouche ouverte."

 

Et puis maintenant il faut tout boire.

 

Ils ne manquent pourtant pas d'air et ils ont quand même appelé leur enfant Ventoline.

 

La douleur de ne pas mourir tous les matins.

 

« Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux » écrit Guillaume Apollinaire dans « Zone »

 

Autre poète : Charles Bukowski (il a brûlé dans son sommeil) qui écrit à Jory Sherman en 1961 ceci : (…) Il faut oublier cette poésie, nous devons aller vers des peintures crues, nous devons aller vers les éclaboussures. Il faudrait obliger l'homme à écrire au milieu d'une chambre remplie de crânes humains, de morceaux de viande crue suspendus au plafond et mordillés par de gros rats paresseux, une chambre sans prise de courant, sans musique, où le regard ne puisse que plonger dans une atmosphère humide et détrempée d'amour et de haine (...) »

 

Louise, ma fille de 13 ans, qui me lit ce qu'elle a écrit de moi il y a quelques temps déjà et qui me stupéfie : Mon père est livrilique : il est bourré de livres.

 

Dans son livre (que je n'ai pas lu) « La sémantique » Pierre Guiraud écrit : Les mots n'ont pas de sens, ils n'ont que des emplois.

 

On attend toujours Dieu depuis 2 000 ans qu'il revienne nous voir. Il est en retard.

 

J'aimerais écrire un polar sans crime et sans enquête pour que tout se termine mal.

 

A Nevers, Wilfrid mon ami libraire m'a fait découvrir un livre vertigineux : "La douce indifférence du monde" de Peter Stamm : « On dit qu'une maison n'est achevée qu'une fois tombée en ruine. »

 

Dans un des poèmes du recueil « Va où » de Valérie Rouzeau avec qui j'ai bu une bière à Nevers ce samedi, j'ai trouvé ceci : Si je n'ai plus toutes mes dents comme aujourd'hui à trente deux ans c'est que j'aurai beaucoup mordu.

 

Et pour finir ce mois d'octobre, cet anti-poème de votre serviteur intitulé « Rien » qu'on peut hurler dans un salon littéraire ou une rencontre poétique :

 

Non rien de rien

rien – rien – rien

il ne reste rien de rien

(petit silence)

donc tout.

 

Jean Lenturlu

 

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