Journal de campagne de février 2026
1 Février 2026 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne
Je veux finir ma vie dans un vieux quartier noir, à Chicago ou à San Francisco, usée et pauvre, mais heureuse, entourée de musique, de danses et de caresses. Je veux devenir noire, revêtue de nuit. J'ai tant marché dans son ombre que je serai comme elle, veloutée et presque invisible.
Grisélidis Réal « Le noir est une couleur »
C'est cette aisance, cette qualité de « nonchalance » qui en vint à prédominer dans l'idéal courtisanesque de Castiglione. Il inventa à ce propos un nouveau terme, « sprezzatura », qui est l'aptitude à cacher tout talent artistique et à rendre ce que l'on dit ou fait simple et naturel. Il s'agit de fuir le plus que l'on peut, comme une très âpre et périlleuse roche, l'affectation : et pour dire, peut-être, une parole neuve, d'user en toutes choses d'une certaine nonchalance, qui cache l'artifice, et qui montre ce qu'on fait comme s'il était venu sans peine et quasi sans y penser.
Robert C. Davis et Elisabeth Lindsmith « Hommes et femmes de la Renaissance »
-
Vous me croyez donc ? fis-je avec satisfaction.
-
Bien entendu je vous crois (et il me tendit la main). Je crois tout ce qui sort de l'ordinaire. Le banal seul mérite la méfiance.
John Buchan « Les trente-neuf marches »
Refrain de chanson : elle danse toute seule sur son linceul.
Dans la préface aux « Lettres à Gala », Jean-Claude Carrière écrit : « Eluard aime chez Gala une certaine forme d'intemporalité. Elle déteste les souvenirs, elle ne parle jamais du passé. Délivrée de toute nostalgie banale sur les heureux jours d'autrefois, elle lui semble « la plus libre des femmes ». C'est pourquoi il n'a jamais fait sa connaissance, il ne l'a jamais rencontrée : il la connaît depuis toujours. »
Elle : il faut toujours te prouver que tu m'aimes.
Mon rêve était de vivre en France avec ceux qui écrivent.
Vénus Khoury-Ghata (émission du 21 mai 2024 « A voix nue » sur France Culture)
Dans une des émissions « A voix nue » sur France Culture, rediffusée à l'occasion de sa mort, la poétesse et romancière Vénus Khoury-Ghata raconte que son médecin, étant à côté de René de Obaldia à un déjeuner, lui a dit : « Quel âge vous avez monsieur Obaldia ? » Celui-ci répond : « Cent ans, un siècle... » Le médecin reprend : « C'est dur de vivre après cent ans. » Obaldia répond : « Non, c'est le premier siècle qui est difficile. Le second va être très agréable. »
Je suis devant la porte de la littérature et elle est fermée.
Je suis la seule à être devenue la mère de l'héritier. Et savez-vous comment ? En forçant le destin à me regarder. Pour que je lui arrache les yeux.
Ochiba No Kata (consort du défunt Taïko) dans la série « Shogun » (saison 1 épisode 6) de Rachel Kondo et Justin Marks
Et pour finir ce mois de février, cette pensée de mon ami Oscar Wilde :
Nous vivons à une époque où le superflu est notre seule nécessité.
Jean Lenturlu
Newsletter
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Pages
Catégories
- 222 Journal de Campagne
- 3 Revue de presse
- 1 Animation spectacle les dates
- 1 Animation spectacle présentation
- 1 Bibliographie Jean Lenturlu
- 1 Bio rapide
- 1 Dédicaces - Rencontres
- 1 Interview Jean Lenturlu oct 2006 Agenda Stéphanois
- 1 Livre Correspondances avec le monde d'après
- 1 Livre tout s'arrange mais mal
- 1 Présentation démarche artistique Jean Lenturlu
- 1 article de presse La Gazette septembre 2002 album CD Paroles en l'air
/image%2F0991112%2F20250401%2Fob_090229_portrait-jean-lenturlu-as-photo-he-l.jpg)