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Le blog de Jean Lenturlu

journal de campagne de septembre

30 Septembre 2012 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Je suis un féministe militant, c’est pour cela que je m’habille fréquemment en femme.

 

Il y a des jours où je ne supporte pas les frites. Cela a quelque chose à voir avec l’extase de la solitude. Autrefois, quand je ressentais cela, il m’arrivait de mettre des pierres dans ma poche pour ne pas m’envoler.   Tommy Wieringa « La maison engloutie »

 

J’aime tes yeux clairs qui éclairent le noir de ma vie.

 

Me sentir sauvage sur scène me plaît beaucoup mais j’aime ensuite retourner dans ma cage au zoo.

 

Les dessins de Bruno Schulz m’obsèdent.

 

Dans les carnets de Proudhon (magnifique acquisition), cette note: « Se moquer de tout le monde et ne ménager personne ». 

Il ne faudrait jamais oublier ce principe d’homme libre et l’enseigner à l’école.

 

Je lis dans le journal d’Ernst Jünger (La cabane dans la vigne) : « Souvent, il ne se comprenait plus lui-même lorsqu’il relisait ses textes. Mais ensuite, des diamants étincellent, des solitaires se mettent à scintiller sur un fond bleu, la substance de son don d’auteur. C’est alors seulement que commence le vrai réconfort du lecteur ; il pressent que dans l’art, depuis ses origines, un seul sujet est traité, et qu’il est des phrases plus lourdes de sens que des bibliothèques entières. »

 

La dernière phrase du très beau livre d’Haruki Murakami « A sud de la frontière, à l’ouest du soleil » : « Longtemps, longtemps, jusqu’à ce que quelqu’un arrive derrière moi et pose doucement sa main sur mon dos, je pensai à la mer. »

 

Je finis ce mois par cette belle phrase tirée d’un poème de Ralph Dutli (Novalis au vignoble et autres poèmes) que j’ai trouvé chez Muriel de la librairie Merligane au Puy-en-Velay où j’étais ce samedi 29 : « J’ai tant neigé pour que tu dormes ».

 

Jean Lenturlu

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journal de campagne d'août 2012

3 Septembre 2012 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

L’érotisme de cette femme déglinguée.

 

Le 17 août, à Valence, devant la librairie Notre Temps, le clochard « Be Good » qui discute avec deux lectrices et qui déclare : « Une vie sans musique, c’est comme un bar sans bières. »

 

Son amour est au dessus de ma misère morale et je l’accepte comme une fatalité bienfaitrice.

 

Je lis avec beaucoup de plaisir l’autobiographie (destroy) de Nuala O’Faolain (On s’est déjà vu quelque part ?), sur le carcan moral irlandais des années soixante, l’alcool, Londres,la BBC et les jeunes femmes qui essaient comme elle de s’en sortir… Et cette question qu’elle se pose : « Que se serait-il passé si j’avais eu mon premier orgasme avec quelqu’un d’aussi irresponsable que moi-même ? »

 

Ce magnifique cadeau posthume de Chris Marker : « Les nouvelles peu exemplaires » de François Vernet dont il regrettait à la fin de sa vie le peu d’écho quand les éditions Tirésias l’avaient réédité en 2002 et dont je tire cet extrait (El Desdichado) écrit en 1942 : « Oui, il fallait que je dise ça :  Ce pays est menacé de mort ; il ne se sauvera qu’en renonçant à la haine, qu’en cessant d’opprimer le faible, l’exilé, celui qui n’a plus personne pour le défendre. Ce pays ne se sauvera que par le cœur. C’est comme l’histoire de Loth dans la Bible : les Sodomites voulaient baiser les envoyés de Dieu. Or, les envoyés de Dieu étaient les hôtes de Loth. Et Loth dit : « Prenez mes filles » et il fut sauvé. C’est comme ça, c’est par le ceour qu’un pays survit, c’est pas en faisant marcher les gosses en rang, c’est pas en faisant des discours, des affiches, des promesses, des menaces. Ce pays est en train de crever. Il lui reste une chance, une toute petite chance, c’est l’amour du prochain ; et vous êtes tous comme des loups à vous dévorer les uns les autres. L’étranger, c’est sacré. L’hôte, c’est sacré. Tous les pays civilisés l’ont proclamé . Ceux qui ne pensent pas comme ça ne méritent pas de survivre. Ils se préparent le châtiment des Sodomites : le fer,le soufre, le feu. Ils courent à la mort comme des aveugles, parce qu’ils refusent de voir l’amour, ça résiste à tout, c’est la vie éternelle. »

 

 

Jean Lenturlu

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