Journal de campagne de janvier 2015
8 Février 2015 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne
Difficile début d'année avec ce drame de Charlie Hebdo qui a touché intimement la société française, ses valeurs et pour certains d'entre nous qui a vu disparaître des personnages de notre adolescence qui nous étaient chers, l'assassinat de notre innocence potache.
Tristesse et colère face à cet acte d'une bassesse innommable puis effroi devant l'hystérie judiciaire qui a suivi notre recueillement collectif en frappant de pauvres imbéciles qui disent n'importe quoi pour exister.
Tout devient aseptisé sous la pression soi-disante républicaine et je me demande si le professeur Choron aurait respecté cette minute de silence sacrée ou chanté la Marseillaise ?
Il aurait certainement bu un coup en criant « Mort aux cons !!! » Et je pleure doucement en buvant du thé vert...
Mes poumons savent déjà qu'ils vont expirer.
Je ne pense pourtant pas à elle.
Devenir un vieux grincheux imbuvable.
Lire Saint-Simon et mourir.
Je fantasme ses mains.
Comment arrêter le temps sans mourir ?
Ecris ma première chansons depuis des lustres (2010 ?) ce 30 janvier 2015. A quoi bon ?
Je ne suis pas triste, pas négatif, pas désespéré, pas dépressif : je suis vivant mais je souffre comme tout le monde et j'ose l'écrire.
« La mémoire est comme une vitre, songea-t-elle. La personne qui a disparu est toujours là, toute proche, mais hors d'atteinte. La mort est muette, plus aucune conversation n'est possible, il ne reste plus que le silence. » Henning Mankell (Le chinois)
J'écris mes notes sur un carnet de 1909 qui vante les bienfaits de la viande crue (La Carnine Lefrancq) et je me sens drôlement en forme...
La nuit je rêve que je dors et le jour je rêve que je vis.
Aimer une dernière fois pour mourir de chagrin.
Je veux vivre heureux mais le plus dur c'est de vivre.
J'aimerai lire dans les marges des livres et écrire à pleine page la littérature de la vie mais je ne fais que semer des crottes d'existence dans des albums coloriés.
Dans « Fragments d'un voyage immobile » Fernando Pessoa écrit : « Vivre avec les autres est, pour moi, une torture. ET tous les autres sont en moi. Même loin d'eux je suis contraint de vivre avec eux. Seul, des foules me cernent. Je ne sais pas où fuir, à moins de me fuir moi-même. »
Et pour finir en beauté un aphorisme de Marcel Mariën :
Et le septième jour, Dieu créa l'athéisme.
Jean Lenturlu
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