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Le blog de Jean Lenturlu

journal de campagne d'avril 2026

2 Avril 2026 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Peut-être que j'aime la Russie plus que ses gardiens. J'aime quand on peut ouvrir le balcon en grand pour laisser entrer l'air frais. J'aime quand les grands froids arrivent et qu'il fait moins 40, voire moins 45. On avance à tout petit pas, le visage rougi et la barbe glacée par le froid. J'aime l'automne. J'aime tout ça. J'aime les gens. L'amour pour son pays, ce n'est pas agiter un drapeau ou chanter un hymne. Ce n'est pas non plus fabriquer par de la propagande un amour forcé pour ce pays mais c'est oser dire par exemple : « Les amis, nous avons un problème, parlons en ».

Pavel Talankin co-auteur du documentaire « Mister Nobody contre Poutine » (2025)

 

Plus je vieillis, plus j'ai d'avenir.

Ernst Jünger (il a dit ça quand il avait cent ans)

 

Ma police politique intérieure enregistre tout ce que je pense et m'oblige à rêver à l'extérieur de moi-même.

 

J'ai résolu notamment de dire à tous les peintres qu'ils ont du génie, sans ça ils vous mordent.

Albert Cohen « Le livre de ma mère »

 

Sur la route de Montargis à Lorris, le 15 juin 1940, l'autorité militaire a arrêté notre marche triomphale pendant quelques heures, ce fut très long car il fallait garer toutes les voitures sur l'herbe des bas côtés, enfin on vit passer un énorme camion qui portait six obus, de très gros calibres, un mètre cinquante de hauteur, apparemment, un loustic cria : « Fallait pas le ramener, fallait leur foutre sur la gueule ! » A quoi l'artilleur qui était assis près du chauffeur répondit en montrant ses mains impuissantes : « Y'a pas de canons ! »

Maurice Blanchard « Danser sur la corde » (Journal du mardi 3 novembre 1942)

 

Je pense à elle comme si elle était partie en voyage.

 

Parfois, débarquant dans un port et se mêlant aux gens, il lui semblait qu'il allait soudain apercevoir le visage d'une femme qui lui était destinée. C'était comme s'il avait perdu quelqu'un que brusquement il allait retrouver dans la foule.

Francisco Coloane « Le sillage de la baleine »

 

Voici ce que d'après leur ancienne coutume, les chiricahuas faisait de l'enfant après sa naissance : la mère l'enveloppait dans un morceau de tissu ou une couverture sur laquelle elle s'était agenouillée pendant qu'elle était au travail et le plaçait dans les branches d'un arbre ou d'un arbuste fruitier proche. La raison en était que « l'arbre revit chaque année et qu'ils voulaient que la vie de cet enfant soit renouvelée comme la vie de cet arbre ». Avant de placer le paquet dans les branches, l'accoucheuse le bénissait en disant « Puisse l'enfant vivre et grandir pour te voir porter des fruits de nombreuses fois. » A partir de ce moment, l'endroit devenait sacré pour l'enfant et ses parents. On disait à l'enfant où il était né et si possible, les parents le ramenaient dans cet endroit quelques années après et le roulaient sur le sol en direction des quatre points cardinaux.
Fredrick W. Turner dans l'introduction aux « Mémoires de Géronimo »

 

Et pour finir ce mois d'avril, cette sentence de mon ami Antonio Lobo Antunès (qui vient de rejoindre les étoiles) : C'est le livre qui doit être intelligent, pas l'écrivain.

 

Jean Lenturlu
 

 

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