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Le blog de Jean Lenturlu

journal de campagne de février 2011

28 Février 2011 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Dans les carnets de Joseph Joubert cette image lumineuse : « La mémoire – qui est le miroir où nous regardons les absents. »

 

Le portrait de Philoxène Boyer (1829-1867) par son meilleur ami, le poète Théodore de Banville : « Non seulement il savait le grec comme personne en France ne le sait plus, mais il connaissait tous les livres, toutes les histoires, toutes les philosophies, tous les travaux critiques, tous les grimoires de tous les temps ; il avait tout étudié, tout compulsé, tout appris ; il savait tout par cœur, et dans sa pauvre tête on avait entassé violemment toute une bibliothèque. (…) Austremoine (c’est le nom de son père) avait été impitoyable et complet dans son imprévoyance ; il n’avait pas permis à son fils d’ignorer les scoliastes les plus inconnus et les historiens les plus chimériques ; mais il avait tout à fait oublié de lui apprendre à parler, à manger, à s’asseoir et à vivre comme tout le monde. » (Mes souvenirs, 1882)

 

La fraîcheur de la vieillesse.

 

Je ne sais pas vivre.

 

« Les troupes progressaient en silence, entourant le cercueil qu’une dizaine de soldats portaient sur leurs épaules. Tous savaient bien que ce cercueil renfermait un cadavre, mais étaient loin de se douter qu’il s’agissait de celui de Gengis Khan.

Ceux qui apercevaient ce cortège, ceux qui le croisaient, hommes ou femmes, vieillards ou enfants, étaient tués sur-le-champ. »

Inoue Yasushi « Le loup bleu »

 

L’amour totalitaire et l’érotisme libertaire.

 

Belle maxime de Goethe (que j’essaie de mettre en pratique ici ou là) qui me venge des slaves inamicales provoquées par la sortie de « la fête bousculée » : « Nous sommes et devons être obscurs pour nous-mêmes, tournés vers le dehors et travaillant sur le monde qui nous entoure. »

 

Un jour qu’on vint prier Alexandre Dumas de souscrire pour l’enterrement d’un huissier, il donna le double de la somme en priant qu’on en enterrât deux.


Me retenir de l’aimer pour ne pas mourir.

 

Jean Lenturlu

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journal de campagne de janvier 2011

1 Février 2011 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Ce mot d’Amiel (que je trouve dans le carnet de notes de Louis Calaferte 1974-1977) et qui me semble toujours d’actualité  chez nos politiques : « En France, une chose dite est une chose faite ».

 

Mon père à l’hôpital, me désignant son voisin de chambre : « Il est sourd comme une taupe ! ».

 

Cet aphorisme d’Héraclite pour lutter vainement contre les slogans démagogiques des adeptes de la « croissance » :

« Ceux qui dorment agissent et participent à l’évolution du monde. »

 

A mettre sur ma tombe cette bravade du petit Marcel (Jouhandeau) : « Peu importe que mon œuvre ne vaille rien, ni pour les autres, ni en elle-même, elle est ma vie. »

 

Elle est innocente et je la condamne.

 

Le vertige de la conscience nue (Pierre Bergougnioux)

 

Encore Bergougnioux dans son petit livre « Deux querelles » :

« Dans son ouvrage Age de pierre, âge d’abondance, Monsieur Sahlins établit que les groupes primitifs de chasseurs-cueilleurs, donnent en moyenne deux heures de travail quotidien à la production matérielle de leur existence contre huit dans les sociétés développées. Il précise qu’il est deux façons d’être riche :

travailler beaucoup ou désirer peu. »

 

« Tu as une chemise graveleuse » dit-elle en me regardant.

 

Cette impuissance de lire qui vient de l’enfance, chaque jour je la sens contre moi et je la vainc.

 

Le mot d’Hugo sur Napoléon III et qu’on pourrait aisément appliquer à notre puissant monarque: « Il appartient à cette classe d’ignorants qu’on appelle les princes. »

 

Jean Lenturlu

 

 

 

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