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Le blog de Jean Lenturlu

journal de campagne

journal de campagne de décembre 2017

5 Janvier 2018 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

En littérature, j'ai toujours évité l'intoxication, je m'arrête toujours avant la fin du livre.

 

La révolution sociale est sérieusement compromise si elle arrive par la révolution politique.

P.J Proudhon (Carnets)

 

J'ai mis quinze ans pour écrire mon premier livre, six mois pour le deuxième. J'aime l'extrémisme de la fragilité (quelle soit lente ou rapide).

 

J'étais si petit dans ses bras et immense en elle.

 

Catherine Pozzi écrit dans son journal le 21 avril 1928 : « Que restera-t-il de ces dépenses de courage invisibles qui ne servent qu'à la vie de tous les jours ? »

 

L'homme aimé n'est pas libre. H.F. Amiel

 

On ne vieillit pas, on grandit ou on rapetisse...

 

J'ai trouvé une forme de dignité à me mépriser moi-même.

 

Je ne conçois le couple qu'après 90 ans.

 

Le silence naturel n'existe pas.

 

Dans les registres-journaux de Pierre de L'étoile, il écrit en novembre 1608 cette phrase remarquable : « La fin de cet homme nous apprend que ce que nous affectionnons le plus en ce monde, qui sont les biens, pour l'usage et commodités de la vie, est ce qui ordinairement nous la fait perdre, et nous conduit à la mort. »

 

Cette remarque très « second degré » de Jacques Le Goff dans « La civilisation de l'occident médiéval » page 55 : Je ne vois guère que l'abricot comme fruit possible ramené des croisades par les chrétiens. »

 

Louise qui me demande : papa, as-tu lu la dégradation des droits de l'homme ?

 

L'homme est une faiblesse de la nature.

 

Au réveil, certaines femmes ont un besoin urgent d'homme.

 

Et pour bien démarrer l'année cette pensée limpide de mon ami Georges Perros : « Beaucoup d'hommes politiques sont des ratés de la littérature. Beaucoup d'écrivains, des ratés de la politique. Facile à discerner. Lisez. Ecoutez. »

 

Jean Lenturlu

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Journal de campagne du mois de novembre 2017

2 Décembre 2017 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Dans cette librairie, mes livres font partie du tréfonds.

 

Dans un marché de noël, un auteur de 82 ans qui présente ses livres : Celui-là je vous le conseille c'est le moins nul et celui-là il est génial !

 

La comédie d'Aristophane « Les Acharniens » fut représentée en 425. Elle commence par une scène dans laquelle Dikaiopolis le campagnard est assis tout seul sur le lieu de l'Assemblée et se plaint : le reste des citoyens est encore à jacasser à l'Agora alors que la réunion devrait commencer peu après l'aurore. Il regarde les prytanes (les présidents de l'Assemblée) arriver en retard et en toute hâte, se pousser et se bousculer pour s'assoir sur la banquette du premier rang, pendant que les autres citoyens arrivent de l'Agora, entrainés par les agents de service qui portent entre eux une corde imprégnée de peinture rouge. Sur certains des manuscrits grâce auxquels la pièce nous est parvenue, il y a une note marginale disant que tout citoyen dont le vêtement se trouvait tâché de rouge était passible d'une amende.

Mogens H. Hansen « La démocratie athénienne »

 

Belle femme verticale au regard horizontal.

 

Dans le n° de l'Obs du 23 novembre, entrevue avec l'économiste Tim Jackson pour la ré-édition de son livre paru en 2009 « Prospérité sans croissance » dont j'extrais ce passage : « Aux Etats-Unis, le revenu par habitant a triplé depuis 1950, mais la proportion de citoyens se qualifiant très heureux a stagné. C'est aussi le cas au Japon. Au Royaume-Uni, elle a même baissé. En économie, on appelle cela l' « utilité marginale décroissante », c'est-à-dire qu'à partir d'un certain niveau de revenu la satisfaction exprimée par les acteurs économiques est de plus en plus faible. (…) C'est le moment où posséder davantage, c'est posséder trop, trop de technologies qui polluent, trop d'aliments industriels qui nous font du mal... C'est le moment où il faut se demander si la recherche de croissance économique a encore du sens. »

 

Ceux qui s'aiment devraient naître ensemble. Mais on aime mieux à mesure qu'on a vécu et c'est la vie elle-même qui sépare de l'amour. Il n'y a pas d'issue – sinon la chance, l'éclair - ou la douleur.

Albert Camus (lettre du 7 novembre 1949 à René Char)

 

En langage féministe, on n'utilise pas le mot « con » pour insulter. On dit « bitard ».

 

La vraie vie, c'est celle qu'on écrit.

 

La solitude est dédiée à l'oeuvre (et non l'inverse).

 

Et pour finir ce mois, une pensée (très courte) de mon ami Louis Scutenaire :

Le toléré tue le tolérant.

 

Jean Lenturlu

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Journal de campagne d'octobre 2017

13 Novembre 2017 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Dans ses journaux – registres, Pierre de l'Estoile compile ce texte en décembre 1606 d'une demoiselle gasconne de la religion (écrit-il) dont l'ouvrage s'intitule « Le petit nain combattant » :

Où vas-tu, Petit Nain ?

Je vais faire la guerre.

Et à qui, Petit Nain ?

Aux enfants de la terre.

Que veux-tu leur oster ?

L'impure vanité.

Quelles armes as-tu ?

La pure vérité.

Le Monde te haïra.

Contre lui, je secoue Sa terre, son néant, sa poussière et sa boue.

 

Il se trouvait au bord du précipice de la renommée, craignant seulement de tomber dans l'oubli.

 

Elle m'apprend à dire oui et j'aime sa tendresse sans non.

 

Avant de se faire accompagner médicalement dans la mort en Belgique, Anne Bert écrit dans son livre posthume (Le tout dernier été) sorti il y a quelques semaines : « Choisir ma mort, sans renoncer à mon goût de vivre ».

 

Louise après une journée d'équitation qui me dit : J'ai mal aux fesses, je vais avoir des oscars.

 

On a l'âge de nos désillusions.

 

Dialogue romantique au téléphone :

Lui : Tu es dans mon cœur !

Elle : Oui mais ça ne tient pas chaud aux pieds.

 

Chaque fois que la société intellectuelle où je vis se manifeste, elle me donne des haut-le-coeur. Si seulement je pouvais changer de conviction, j'écrirai mes livres sans les publier ou en les publiant dans des éditions limitées. Mais j'ai toujours cru qu'un artiste n'écrivait pas pour lui-même, qu'il ne pouvait pas se séparer de la société de son temps. Drôle de mariage entre un écorché impassible et une putain vindicative ! Je sais bien qu'on écrit pour d'autres êtres, un public plus généreux et plus naïf. Mais entre ce public et soi, il y a l'écran de cette pègre journalistique, de cette petite société provinciale et râleuse, sèche, vulgaire, complexée qu'on appelle ici l'intelligentsia, sans doute parce qu'elle n'a avec la vraie intelligence et la culture que des rapports de nostalgie.

Albert Camus à Maria Casarès (lettre du 1er mai 1956)

 

Et pour finir ce mois, une pensée de mon ami Marcel Mariën qui décoiffe le cerveau :

Le riche est plus économe que le pauvre.

 

Jean Lenturlu

 

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Journal de campagne de septembre 2017

4 Octobre 2017 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Dans le film « Hurlements en faveur de Sade », Guy Debord fait dire par une voix off :  L'amour n'est valable que dans une période pré-révolutionnaire.

 

Cette idée de refrain que je ne chanterai jamais : « Rude journée pour la Reine » (merci à René Allio dont j'ai dévoré les carnets).

 

Louise qui me dit hier : Je grandis, Je grandis, papa ! Quand je regarde le sol, j'ai le vertige !

 

J'écris de la fast - philosophie qui demande à être ruminer longtemps.

 

« Des nourrices oubliées viennent à notre chevet pendant nos rêves. »

Ernst Jünger (second journal parisien – 17 mai 1944)

 

Mourir d'amour est la seule solution.

 

J'aimerai noter l'absence et le désespoir, cette odeur particulière d'avant la mort.

 

Il faut déranger sinon nous sommes dans l'art ménager.

 

L'animal domestique n'est pas celui que l'on croit.

 

J'ai toujours penser que les nouveaux nés faisaient plus vieux que leur âge.

 

La masturbation rend aveugle.

 

Il expliquait même l'inexplicable.

 

Ne pas aimer l'amour explique tout dit-il avec un sourire triste.

 

Pourquoi lisez-vous ceci ?

 

Ecrire des phrases – miroirs pour que les gens voient la petitesse de leurs cerveaux.

 

Pour finir ce moi : RIEN.

 

Jean Lenturlu

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Journal de campagne d'Août 2017

4 Septembre 2017 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Vision prémonitoire dans les journaux de Léonard de Vinci, à propos de nous, les hommes à venir :

« Dans leur présomption démesurée, ils voudront même atteindre le ciel, mais le trop grand poids de leurs membres les retiendra sur la terre. Alors rien ne subsistera sur terre, sous terre ou dans l'eau qu'ils ne poursuivent, ne dépistent ou ne détruisent ; rien non plus qu'ils ne traînent d'un pays à l'autre. Leur corps servira de tombeau et de passage à tous les corps vivants qu'ils auront tués. »

 

Je ne dors pas et je ne pense pas à toi.

 

Pleurer sous la mer.

 

Au moment du coït, il recula pour mieux sauter.

 

Cette plénitude d'être vide.

 

Quand il tomba à l'eau, on s'aperçut très vite qu'il nageait comme un batracien aquaphobe.

 

Dés qu'il voyait une femme, il pétillait de bêtise...

 

Mon souci principal, dans cette histoire, est de mourir à l'abri des regards de mes parents.

(Hervé Guibert – A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie)

 

A Montluçon, devant la librairie, une dame d'un âge certain qui m'explique qu'elle a écrit son premier haïku sans le savoir et qu'elle en a composé une cinquantaine ensuite. De mémoire, elle me cite le premier d'entre eux :

 

« Je suis comme la tombe

J'ignore l'heure des visites

Vivement Toussaint. »

 

Il se cognait aux parois de son intelligence toutes les fois qu'il tentait de réfléchir.

 

Mon regard posé sur ton refus.

 

Dans le documentaire sur le travail du chorégraphe Ohad Naharin, le danseur Yossi Yungman dit : « C'est ça la définition de l'art, le tout dans l'infiniment petit. »

 

Et pour finir ce mois, une pensée de mon ami Philippe Bosser : « A la première phrase, il versa dans la littérature. »

 

Jean Lenturlu

 

 

 

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Journal de campagne de juillet 2017

8 Août 2017 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Il passait ses vacances au cimetière pour s'habituer.

 

Mes dessins sont des brouillons de mon incertitude.

 

A mettre sur ma tombe (sentence de Léon Bloy) : Il est plus tard que tu ne crois.

 

J'aime George Sand et Emma Peel.

 

La phrase est le plus court chemin d'un mot à un autre. (Jacques Jouet)

 

Même seul, il se sentait de trop.

 

Quand j'étais jeune je sentais le souffre, maintenant plutôt le camphre...

 

Sur les frontons des écoles cette phrase de Spinoza ne serait pas de trop : Il est impossible au maître d'imiter l'élève.

 

Je suis un romantique impuissant.

 

Monter sur scène c'est dépasser la peur du public.

Camille

 

Petit conte de Norge : Il y avait cent brebis. Elles étaient toutes malades. Une seule allait bien. On l'appela la brebis galeuse.

 

Une façon de mourir pire que la mort : quand l'être aimé tue lentement l'image de nous-mêmes qui vivait en lui. En cette personne, nous nous éteignons. Et ce peut être l'oeuvre des obscurs rayons qui émanent de nous ; les fleurs se referment en silence devant nous.

Ernst Jünger (Journal 24 février 1943)

 

Il était tellement ivre que ses propos devinrent intelligents.

 

Avoir un atelier pour croire que je peux travailler mes idées sur l'établi.

 

Juste après avoir eu cinquante ans, il chercha désespérément à freiner sa vie et s'écrasa sur le mur de la soixantaine.

 

Et pour finir ce mois en retard cette remarque scientifique (et moraliste) de mon ami Louis Scutenaire : Les petits ruisseaux font les grandes rivières qui font les grands fleuves qui font les grands océans qui s'évaporent.

 

Jean Lenturlu

 

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journal de campagne du mois de juin 2017

5 Juillet 2017 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Déjà, chercher un territoire pour mourir.

 

Dans l'abécédaire de Gilles Deleuze, ce propos qui date de 1988 et qui semble être prémonitoire :  «  Il y a un risque que les vrais clients des éditeurs, ce ne soient pas les lecteurs potentiels, que ce soient les distributeurs. Quand les distributeurs seront vraiment les clients des éditeurs, qu'est-ce qui se passera ? Ce qui intéresse les distributeurs, c'est la rotation rapide, ça veut dire les trucs des grands marchés, régime du best-seller, etc. c'est à dire, toute la littérature créative sera écrasée. »

 

J'aurai aimé être un célibataire à femmes et m'appeler Marcel Coït.

 

Tout à coup, dans ses yeux s'est allumée une lueur d'inintelligence.

 

Belle utopie d'existence :

« Aller à cheval, tirer à l'arc et dire la vérité » (Karen Blixen)

 

« Vous avez le teint expressif » dit-il complètement ivre à la dame impassible.

 

A Clermont-Ferrand, une ironie cruelle qui fait résider des réfugiés, sans papiers, rue des quatre passeports.

 

Le 21ème siècle doit affronter une épidémie de croyances qui sera peut-être fatale au genre humain.

 

Chez mon ami Nicolas de Bouquidisk, trouvé les trois premiers tomes du journal de Ernst Jünger dont j'extrais ceci : «  De l'humidité considérée comme élément vital. L'afflux des sèves provoqué par la jouissance plus forte ; la salive qu'appelle une bouchée savoureuse ; le mouvement du sang et les sécrétions des jeux de l'amour. Nous sommes en pleine sève. La sueur et les larmes aussi manifestent l'activité de la vie dans les régions profondes de la santé. Je plains celui qui ne peut ni transpirer ni pleurer. Puis l'humidité dans le domaine de l'esprit : par exemple, la fraicheur de la sève, de la mousse et de la forêt dans la poésie. Surtout le jaillissement, l'abondance de mots et d'images où flottent les parcelles solides. « Jardins et routes » 9 mai 1939

 

Je suis simplement compliqué.

 

Le mal, arrivé à un certain point, s'égorge lui-même. (Joseph de Maistre)

 

Je vous laisse méditer ce mois sur « Ossoyo – Ossoko », la formule magique de mon ami Christophe Guillot qui vient de partir ailleurs. Si on la prononce tous les jours, il se passe quelque chose. Comme le disait Louis Scutenaire l'air n'est pas libre.

Jean Lenturlu

 

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Journal de campagne de mai 2017

1 Juin 2017 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

J'ai déjà la nostalgie du futur.

 

Il avait apporté des parfums précieux, des drogues fétides et du feu.

Benvenuto Cellini (Mémoires de ma vie)

 

Dans le journal du poète-avionneur Maurice Blanchard ( Danser sur la corde 1942-1946) que j'ai trouvé à la librairie de la Halle Saint-Pierre à Paris (aucune librairie ne recèle autant de trésors !) ceci : «  J'ai connu à Dunkerque, de 1915 à 1917, un être très curieux, le lieutenant de vaisseau Winter qui semblait sorti tout vivant du cerveau d'Alfred Jarry. Pour obéir aux instructions générales concernant l'entraînement militaire du personnel, il avait acheté des chapeaux melon, des monocles et des binocles. Il rassemblait son monde, leur distribuait les armes, c'est-à-dire, chapeaux et lunettes, et commençait l'exercice. «  Posez mono-ocles ! Présentez bino-ocles ! Repos » (…) Il nous réunit un jour et nous dit : «  Heure H : cinq heures et demie du soir. Objectif : la pâtisserie (c'était une pâtisserie située en face de l'église et tenue par trois jeunes filles amoureuses). But : pillage, viols, assassinats. «  Nous y fûmes à l'heure dite et nous mangeâmes tous les gâteaux. Winter était le plus heureux des hommes, il paya le goûter. Les jeunes filles lui pardonnaient ses fantaisies car il était leur meilleur client. » ( Lundi 23 novembre 1942)

 

Mon inconscient a plus de talent que moi.

 

Du ciel tombe des cordes. Faut-il y grimper ou s'y pendre ? Feu-Chatterton (refrain de chanson)

 

Le cinéma a été un de mes moyens de transport. (Boris Bergman)

 

A Lons le Saunier ce vendredi 18 mai, des lycéens en visite culturelle avec leurs professeurs rentrent dans la librairie La Boîte de Pandore et portable à la main photographient les livres comme les animaux au zoo. Ils me photographient aussi et j'ai l'impression qu'ils vont me donner des cacahuètes (auteur vivant, espèce en voie d'extinction).

 

Etre pauvre, une vraie vocation pour moi.

 

D'un côté des réfugiés, de l'autre des robots.

 

La découverte par hasard de Shirley Goldfarb, peintre américaine peu connue qui vécut à Paris , plutôt difficilement et qui a écrit ces « carnets » de 1971 à sa mort en 1980. Livre bleu du Quai Voltaire trouvé chez un bouquiniste de la rue des martyrs que j'ai lu en rentrant de Paris dans le train ce dimanche 28 mai. Quelques notes pour vous donner envie : Je suis une femme riche sans argent (1er octobre 1975) – Je dois suivre ma propre étoile même si c'est une étoile filante (23 octobre 1976) – Il y a énormément d'aventure – si on en a conscience – à rester assise sans jamais traverser les frontières, gardant les mêmes habitudes (oui, il y a de l'aventure dans la non-aventure). Je voyage autour de moi-même. (27 décembre 1974). Attendre est un art (3 février 1975).Shirley me plaît et je pense à elle avec tendresse en ce moment.

 

Cette pensée du chanteur Dick Annegarn écoutée à la radio : L'air est mélodique.

 

Et pour finir en beauté, mon ami Marcel Mariën qui pense toujours très fort (et ça gratte le cerveau) :

Le féminisme est une invention masculine.

 

Jean Lenturlu

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Journal de campagne d'avril 2017

3 Mai 2017 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

J'aime avoir mal au cœur et sentir la pluie sous mes paupières.

 

« Mais comment sait-il aussi tant de choses réelles ? A force de mentir, sans doute... »

Matthieu Galey (Journal / 11 avril 1957)

 

Le sombre désespoir d'être jeune.

Maurice Sachs

 

Je suis pour l'immunité ouvrière.

 

En temps de crise économique, ce propos spirituel à placer lors d'un dîner mondain :

Elle : « Que dites-vous, très cher ?
Lui : « Rien d'onéreux, Madame ».

 

Trouver le lieu et la formule. (Rimbaud a-t-il trouvé quelque chose loin de sa mère ?)

 

En 1920, Pierre Reverdy écrit à Gabriel Bounoure : Nous voulons tellement comprendre que nous ne savons plus aimer.

 

« L'Histoire n'est pas le passé, c'est le présent. »

James Baldwin (dans le très bon documentaire « Je ne suis pas votre nègre » de Raoul Peck diffusé ce mois-ci sur Arte.)

 

Tous les matins ou je fais des nuits de veille, je lis sur le coup des 6 heures quelques pages des journaux-mémoires de Pierre de L'étoile qui chronique les temps difficiles d'Henri III et d'Henri le Béarnais qui allait devenir le numéro 4. Ceci qui me ravit par ce langage rustique où les accents n'avaient pas encore chassés les s : « Genehrard, ce jour par dessus les autres, prescha séditieusement, deschirant le Roy, en sa chaire, des plus vilaines injures et calomnies qui se puissent excogiter. (Juin 1593)

 

Le vote utile, le vote utile ! Et le vote inutile alors ?

 

Je suis snob en politique, toujours du côté du plus faible pour me sentir opprimé.

 

IL faudrait pour les différentes élections changer les modalités du jeu politique en s'inspirant des pires émissions de télé-réalité où les candidats auraient des épreuves physiques et intellectuelles à affronter ensemble ou séparément. Non seulement ce serait drôle mais aussi très instructif.

 

Dans « Ouallou » d'Audiberti, cette phrase qui m'inquiète : « Dans la famille, on est tous cousins de père en fils. »

 

Cette pensée métaphysique de mon ami Marcel Marïen pour finir ce mois :

C'est grâce au trou de la serrure que la chambre existe.

 

Jean Lenturlu

 

 

 

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Journal de campagne (non électorale) de mars 2017

6 Avril 2017 , Rédigé par Jean Lenturlu Publié dans #Journal de Campagne

Cette élection, vraiment piège à on... (Fillon, Mélenchon, Hamon, Macron, Le Penon)

 

Toujours impressionné par la beauté fraîche des jeunes femmes, pas encore usée.

 

Les travailleurs humanitaires, lorsqu'ils tendent de la nourriture à des gens affamés, apprennent rapidement que les gens qui se battent aux premiers rangs sont ceux qui en ont le moins besoin. Les vrais indigents sont assis en silence à l'arrière, trop faibles pour lutter. Il en va de même dans la tragédie. Souvent, les plus affligés sont ceux qui manifestent le moins leur peine. Mais il savait qu'il n'y avait pas de règle absolue. Louise Penny « Nature morte »

 

Ma devise : Il n'y a pas de frontières dans l'Art d'aller trop loin. (Il faut simplement pouvoir revenir)

 

Mon souhait : Sur ma tombe, inscrire sous mon nom (comme Matthieu Galey) : Homme de livres.

 

Mon désir : Vivre le plus longtemps possible jeune.

 

Et comme écho cette pensée de Théodore Zeldin : L'âge n'est qu'un déguisement.

 

Dans le journal de Jacques Lemarchand, Geneviève K qui dit le 3 juin 1942 : Je suis fatiguée que le monde me prenne pour une femme.

 

Pourquoi je n'écris plus de chanson. (Ce n'est pas une question)

 

Faut-il se creuser la cervelle ou laisser germer les idées ?

 

Eric Losfeld, grand éditeur des années 70-80 : « La seule littérature qui me touche, c'est la littérature écrite avec passion, ou plutôt la littérature passionnée. Je me méfie des mots qui ont trop servi ; à ces mots, je préfère les images, et, parmi elles, les images pures, surtout quand elles ne sont pas innocentes.

 

Métier qui se perd : déserteur de mariages.

 

Dans Libération du 6 mars cette perle d'un parlementaire haïtien à qui l'on demandait, il y a quelques années, de se prononcer sur un coup d'Etat : Je suis ni pour ni contre, bien au contraire.

 

Et pour finir ce mois, Giacomo Casanova pour détendre l'atmosphère électorale : Je baise l'air, croyant que tu y es.

 

Jean Lenturlu

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