journal de campagne
journal de campagne de mai 2009
Le petit Anis (3 ans) qui me déclare hier soir : « Moi je commence à grandir ».
Nous grandissons toute la vie et notre achèvement doit être une autre forme d’agrandissement…
A Valence la semaine dernière, dans la grande rue (qui est piétonne), devant la librairie Notre temps, j’étais derrière ma petite table à dédicaces (il faisait beau) quand est arrivé un homme un peu éméché d’une trentaine d’années avec un gros sac à dos qui s’est posé à côté de moi. Il a vu mes livres et m’a demandé d’emprunter Balthazar Cannibale qu’il a commencé de lire en face de moi, assis par terre, le dos appuyé contre une porte d’immeuble. Quand il ne comprenait pas un aphorisme ou une note de lecture, il venait me demander de la lui relire et de lui expliquer ce que je voulais dire. Il venait aussi régulièrement boire une gorgée de sa bouteille de vin en plastique qu’il avait dans son sac à dos. Cela a duré toute l’après midi. Ce mélange de perdition et de culture en lui était bouleversant. A la fin de la journée, je lui ai offert le livre pour qu’il puisse continuer de le lire après mon départ.
Cette femme ne m’aime pas mais me désire. L’amour primitif est un antidote à la passion du mariage qui m’agite. (Me marier en robe blanche à l’église comme ma sœur)
Les programmateurs de spectacles de ma génération m’ont beaucoup déçu par leur médiocrité et leur manque d’intelligence à reconnaître mon talent. J’espère qu’à soixante-dix ans, je séduirais leurs successeurs qui seront loin d’être des imbéciles (ils peuvent déjà m’appeler au 06.03.00.11.02).
Réveillé ce matin très tôt avec cette inscription au feutre sur mon bras : « Jette toi à l’aube ». Ce que je ne manquerais pas de faire demain matin avec mon parachute doré.
Jean Lenturlu
Nous grandissons toute la vie et notre achèvement doit être une autre forme d’agrandissement…
A Valence la semaine dernière, dans la grande rue (qui est piétonne), devant la librairie Notre temps, j’étais derrière ma petite table à dédicaces (il faisait beau) quand est arrivé un homme un peu éméché d’une trentaine d’années avec un gros sac à dos qui s’est posé à côté de moi. Il a vu mes livres et m’a demandé d’emprunter Balthazar Cannibale qu’il a commencé de lire en face de moi, assis par terre, le dos appuyé contre une porte d’immeuble. Quand il ne comprenait pas un aphorisme ou une note de lecture, il venait me demander de la lui relire et de lui expliquer ce que je voulais dire. Il venait aussi régulièrement boire une gorgée de sa bouteille de vin en plastique qu’il avait dans son sac à dos. Cela a duré toute l’après midi. Ce mélange de perdition et de culture en lui était bouleversant. A la fin de la journée, je lui ai offert le livre pour qu’il puisse continuer de le lire après mon départ.
Cette femme ne m’aime pas mais me désire. L’amour primitif est un antidote à la passion du mariage qui m’agite. (Me marier en robe blanche à l’église comme ma sœur)
Les programmateurs de spectacles de ma génération m’ont beaucoup déçu par leur médiocrité et leur manque d’intelligence à reconnaître mon talent. J’espère qu’à soixante-dix ans, je séduirais leurs successeurs qui seront loin d’être des imbéciles (ils peuvent déjà m’appeler au 06.03.00.11.02).
Réveillé ce matin très tôt avec cette inscription au feutre sur mon bras : « Jette toi à l’aube ». Ce que je ne manquerais pas de faire demain matin avec mon parachute doré.
Jean Lenturlu
journal de campagne d'avril 2009
Trois jours d’humanité et d’échanges intenses avec le public et les artistes présents pendant les 3 jours de fête à
l’occasion de l’anniversaire des 10 années d’existence du Laskar Théâtre à Mauzun (ce début mai). Le temps (ensoleillé) a été le plus beau cadeau offert à la cie. De nombreux spectacles
invités dont le cirque Rouages, jeune équipe artistique étonnante par sa maturité, sa simplicité humaine et son talent collectif. A 20 ans, je crois que j’aurai aimé vivre cette circus forme
d’aventure créative en saltimbanque nomade avec notre groupe de l’époque « Antisthène ».
J’ai eu envie d’aller au cimetière de Montrouge sur la tombe de Fanny Forestier (la tante de Paul Léautaud) après avoir lu le livre de Mary Dormoy (la vie secrète de Paul Léautaud).
Merlin se penchant sur mon berceau a murmuré : « … mais il sera chaud et luxurieux comme chien jusqu’à sa mort. »
J’ai évité de tomber dans ses grands yeux bleus qui brûlaient car j’aime l’amour de loin.
Dans « Dalva » de Jim Harrison, cette curieuse théorie rapide qui me semble proche de mon état (après ces trois jours alcoolisés) : « Les violentes gueules de bois présentent une pathologie sexuelle que je n’ai pas très bien comprise ; l’alcool absorbé en grande quantité agit comme un traitement de choc, et le lendemain matin, la vie sexuelle non vécue vous frappe de plein fouet. »
Ce mardi 5 mai, dans une rue de Billom, Louise (4 ans) qui me
dit : « J’espère que demain il fera jour. » Il n’y a hélas que les enfants qui savent la vérité enfouie et nous passons le reste de notre vie à la recouvrer.
Jean Lenturlu
J’ai eu envie d’aller au cimetière de Montrouge sur la tombe de Fanny Forestier (la tante de Paul Léautaud) après avoir lu le livre de Mary Dormoy (la vie secrète de Paul Léautaud).
Merlin se penchant sur mon berceau a murmuré : « … mais il sera chaud et luxurieux comme chien jusqu’à sa mort. »
J’ai évité de tomber dans ses grands yeux bleus qui brûlaient car j’aime l’amour de loin.
Dans « Dalva » de Jim Harrison, cette curieuse théorie rapide qui me semble proche de mon état (après ces trois jours alcoolisés) : « Les violentes gueules de bois présentent une pathologie sexuelle que je n’ai pas très bien comprise ; l’alcool absorbé en grande quantité agit comme un traitement de choc, et le lendemain matin, la vie sexuelle non vécue vous frappe de plein fouet. »
Ce mardi 5 mai, dans une rue de Billom, Louise (4 ans) qui me
dit : « J’espère que demain il fera jour. » Il n’y a hélas que les enfants qui savent la vérité enfouie et nous passons le reste de notre vie à la recouvrer.
Jean Lenturlu
journal de campagne de mars 2009
Les enfants posent souvent de manière naïve des questions fondamentales. Comme ma petite fille Louise il y a
quelques jours qui me demande : « Avant d’être un papa, as-tu été une maman ? »
Après la mort d’Alain Bashung, numéro spécial dans Libération avec des extraits d’interview au fil de sa carrière dont ceci : « Quand on crée de la musique, consciemment ou inconsciemment, on a envie que cela plaise à quelqu’un. Généralement, on ne lui dit jamais. Ca facilite les choses quand on connaît la personne que l’on veut séduire. Quand ce n’est pas le cas, il faut trouver son fil soi-même. (…) Faire l’artiste, c’est continuer à faire l’enfant, professionnellement cette fois. Ce que je n’ai pas su dire comme père, j’ai parfois essayé de le dire dans ma musique. Ce que je n’ai pas su dire comme mari, comme amant aussi. »
Cette phrase de Natalie Barney pêchée dans un petit livre d’aphorismes « Un panier de Framboises » que j’ai trouvé sur le stand d’un bouquiniste (salut à toi JB) au marché de la poésie de Nantes : « Le couple est un nœud coulant. »
A Bourg-en Bresse vendredi dernier, dans la rue, devant la librairie du Théâtre, cette jeune femme au regard noir charbon qui est passée devant ma table de livres et qui est revenue pour m’acheter une « forêt » m’a fugacement donné l’envie d’être mineur de fond.
En ce moment, j’ai envie de boire des femmes. (Le printemps n’y est pour rien)
Je vous offre cet aphorisme de Sam Sheppard à méditer un mois : « La vie c’est ce qui vous arrive quand vous rêviez de faire autre chose. »
Jean Lenturlu
Après la mort d’Alain Bashung, numéro spécial dans Libération avec des extraits d’interview au fil de sa carrière dont ceci : « Quand on crée de la musique, consciemment ou inconsciemment, on a envie que cela plaise à quelqu’un. Généralement, on ne lui dit jamais. Ca facilite les choses quand on connaît la personne que l’on veut séduire. Quand ce n’est pas le cas, il faut trouver son fil soi-même. (…) Faire l’artiste, c’est continuer à faire l’enfant, professionnellement cette fois. Ce que je n’ai pas su dire comme père, j’ai parfois essayé de le dire dans ma musique. Ce que je n’ai pas su dire comme mari, comme amant aussi. »
Cette phrase de Natalie Barney pêchée dans un petit livre d’aphorismes « Un panier de Framboises » que j’ai trouvé sur le stand d’un bouquiniste (salut à toi JB) au marché de la poésie de Nantes : « Le couple est un nœud coulant. »
A Bourg-en Bresse vendredi dernier, dans la rue, devant la librairie du Théâtre, cette jeune femme au regard noir charbon qui est passée devant ma table de livres et qui est revenue pour m’acheter une « forêt » m’a fugacement donné l’envie d’être mineur de fond.
En ce moment, j’ai envie de boire des femmes. (Le printemps n’y est pour rien)
Je vous offre cet aphorisme de Sam Sheppard à méditer un mois : « La vie c’est ce qui vous arrive quand vous rêviez de faire autre chose. »
Jean Lenturlu
Journal de campagne de février 2009
Je travaille sur une adaptation théâtrale de « Don Quichotte » de Cervantes avec la Cie Laskar Théâtre. Je découvre
cette œuvre avec ravissement. Elle devrait être publiée par l’école des loisirs pour les enfants de 10 ans. Un petit extrait pour vous faire rire :
Don Quichotte : « Si seulement j’avais pensé à remplir une fiole avec de l’élixir de Fier-à-Bras, il aurait suffit d’une goutte pour nous épargner du temps et des remèdes. »
Sancho Panza : « Quelle fiole et quel élixir ? »
DQ : « Un élixir dont j’ai gardé la recette en mémoire ; quiconque l’a en sa possession n’a plus à redouter la mort, ni à craindre de succomber à aucune blessure. Quand j’en aurai fait, je t’en donnerai ; si tu vois au cours d’une bataille, qu’on m’a coupé le corps en deux - ce qui arrive fréquemment -, il te suffira de ramasser sans qu’on s’en aperçoive la partie tombée à terre et, délicatement, avant que le sang ne se fige, de la replacer sur l’autre moitié restée en selle, en faisant en sorte qu’elles soient parfaitement ajustées l’une à l’autre. Ensuite, tu me donneras à boire deux gorgées seulement de cette potion, et te me reverras aussitôt frais comme un gardon. »
Nous allons recommencer les concerts au Puy de La Lune à partir du 18 mars. Retrouver un lieu familier pour jouer est confortable. Je comprends Barbara qui habitait dans le théâtre où elle chantait…Il y a quelques années, nous avons joué une semaine à Chok Théâtre à St Etienne et n’ayant pas envie d’être hébergé par les amis stéphanois, j’avais les clefs du Théâtre et je dormais dans un duvet sur la scène – appartement du spectacle (il y avait un tapis, un fauteuil, un divan, une armoire et tout le matériel son). Une nuit, j’ai rêvé que je me réveillais et que le public était là, bien sagement assis à attendre que je commence à chanter. (sueurs froides)
C’était mieux que de rêver d’une salle vide !
Jean Lenturlu
Don Quichotte : « Si seulement j’avais pensé à remplir une fiole avec de l’élixir de Fier-à-Bras, il aurait suffit d’une goutte pour nous épargner du temps et des remèdes. »
Sancho Panza : « Quelle fiole et quel élixir ? »
DQ : « Un élixir dont j’ai gardé la recette en mémoire ; quiconque l’a en sa possession n’a plus à redouter la mort, ni à craindre de succomber à aucune blessure. Quand j’en aurai fait, je t’en donnerai ; si tu vois au cours d’une bataille, qu’on m’a coupé le corps en deux - ce qui arrive fréquemment -, il te suffira de ramasser sans qu’on s’en aperçoive la partie tombée à terre et, délicatement, avant que le sang ne se fige, de la replacer sur l’autre moitié restée en selle, en faisant en sorte qu’elles soient parfaitement ajustées l’une à l’autre. Ensuite, tu me donneras à boire deux gorgées seulement de cette potion, et te me reverras aussitôt frais comme un gardon. »
Nous allons recommencer les concerts au Puy de La Lune à partir du 18 mars. Retrouver un lieu familier pour jouer est confortable. Je comprends Barbara qui habitait dans le théâtre où elle chantait…Il y a quelques années, nous avons joué une semaine à Chok Théâtre à St Etienne et n’ayant pas envie d’être hébergé par les amis stéphanois, j’avais les clefs du Théâtre et je dormais dans un duvet sur la scène – appartement du spectacle (il y avait un tapis, un fauteuil, un divan, une armoire et tout le matériel son). Une nuit, j’ai rêvé que je me réveillais et que le public était là, bien sagement assis à attendre que je commence à chanter. (sueurs froides)
C’était mieux que de rêver d’une salle vide !
Jean Lenturlu
journal de campagne de janvier 2009
J’aime bien Antoinette du Ligier de La Garde (1638-1694) et son poème « Air » est devenu depuis aujourd’hui
dimanche 25 janvier une petite chanson légère que je vais peut-être chanter au prochain concert…
Conseil aux maris qui me lisent : Ne pas oublier de rester l’amant de sa femme.
Dans un court-métrage de Laurel et Hardy (les bonnes d’enfants) ce dialogue savoureux dans le noir entre nos deux compères: Oliver « Pourquoi as-tu utilisé cette allumette ? Stanley : « Pour voir si la lumière était éteinte. »
Lumineux non ?
Ses yeux bleus me font couler au fond de mon désespoir (mais son sourire me sauve).
Je commence avec l’âge à apprécier qu’on me traite d’artisan. Je laisse le mot artiste à ceux qui croient encore qu’ils ont du talent.
Refuser d’être connu était son unique réussite sociale.
Le rêve du désir – Le cauchemar de la jouissance.
Je pense ce soir à Louis Soutter : « Sans espérance / jamais plus / tu ne toucheras / les peaux / blanches / de tes sœurs / épuisées / de douleur. »
Jean Lenturlu
Conseil aux maris qui me lisent : Ne pas oublier de rester l’amant de sa femme.
Dans un court-métrage de Laurel et Hardy (les bonnes d’enfants) ce dialogue savoureux dans le noir entre nos deux compères: Oliver « Pourquoi as-tu utilisé cette allumette ? Stanley : « Pour voir si la lumière était éteinte. »
Lumineux non ?
Ses yeux bleus me font couler au fond de mon désespoir (mais son sourire me sauve).
Je commence avec l’âge à apprécier qu’on me traite d’artisan. Je laisse le mot artiste à ceux qui croient encore qu’ils ont du talent.
Refuser d’être connu était son unique réussite sociale.
Le rêve du désir – Le cauchemar de la jouissance.
Je pense ce soir à Louis Soutter : « Sans espérance / jamais plus / tu ne toucheras / les peaux / blanches / de tes sœurs / épuisées / de douleur. »
Jean Lenturlu
Journal de campagne de décembre 2008
Je me retiens de finir le journal de Catherine Pozzi. Je ne veux pas qu’elle meure en 1934.
Le 12 avril 1930 elle note : « Il est curieux d’observer en tout être et chose, le poids mort. »
Onze dédicaces et fêtes du livre en décembre. Je suis épuisé d’humanité… Je rêve d’île déserte.
Le 19 décembre en dédicace à la Cie du chat noir à clermont-ferrand: noté sur mon carnet que j’ai deux enfants que j’essaie d’élever et qui réussissent à me faire grandir.
Tous ces hommes à Noël habillés en robe rouge avec leur bonnet à ponpons m’excitent gravement (je pense avec nostalgie aux cheminées de mon enfance de petit ramoneur)
Je lis le style acéré de Paul Nizan dans « Aden-Arabie » comme ceci qui nous est redoutable : « Chacun trouve au fond de ses réveils tous les désordres du temps je ne sais combien de fois réduits à la médiocre échelle de notre inquiétude privée. »
Je ne me souhaite pas une bonne année 2009.
Jean Lenturlu
Le 12 avril 1930 elle note : « Il est curieux d’observer en tout être et chose, le poids mort. »
Onze dédicaces et fêtes du livre en décembre. Je suis épuisé d’humanité… Je rêve d’île déserte.
Le 19 décembre en dédicace à la Cie du chat noir à clermont-ferrand: noté sur mon carnet que j’ai deux enfants que j’essaie d’élever et qui réussissent à me faire grandir.
Tous ces hommes à Noël habillés en robe rouge avec leur bonnet à ponpons m’excitent gravement (je pense avec nostalgie aux cheminées de mon enfance de petit ramoneur)
Je lis le style acéré de Paul Nizan dans « Aden-Arabie » comme ceci qui nous est redoutable : « Chacun trouve au fond de ses réveils tous les désordres du temps je ne sais combien de fois réduits à la médiocre échelle de notre inquiétude privée. »
Je ne me souhaite pas une bonne année 2009.
Jean Lenturlu
Journal de campagne de novembre 2008
En revenant de la fête du livre de Châteauroux ce dimanche, je songeais dans la nuit à toutes ces femmes en friche
alors que je suis déjà en jachère…
Mon nouveau livre avance dans ma tête. Je ne connais pas encore le contenu exact mais j’ai sa conceptualisation. Et le titre que je ne dirai que sous la torture d’une femme raffinée et multicolore. (Si elle se reconnaît, qu’elle m’écrive une convocation poétique.)
Dans le livre de Vincent Brome « Les premiers disciples de Freud » ,cette belle phrase de Lou Andréas-Salomé : « Une femme est comme un arbre qui recherche l’éclair qui le fend tout en désirant croître. »
Je pense à toutes celles qui se sont éteintes…
Dans le lointain des choses possibles, certains ou certaines d’entre vous penseront que je suis intéressant mais pas du tout, pas du tout. Il ne faut pas trop s’approcher de l’être aimé. Il faut l’aimer de loin sinon c’est assez moche.
La seule chose qui m’intéresse : boire des livres.
Dernier concert de l’année au Puy de La Lune à Clermont-Ferrand ce mercredi 17 décembre. Ne pas trop boire de sapins avant de chanter…
Jean Lenturlu
Mon nouveau livre avance dans ma tête. Je ne connais pas encore le contenu exact mais j’ai sa conceptualisation. Et le titre que je ne dirai que sous la torture d’une femme raffinée et multicolore. (Si elle se reconnaît, qu’elle m’écrive une convocation poétique.)
Dans le livre de Vincent Brome « Les premiers disciples de Freud » ,cette belle phrase de Lou Andréas-Salomé : « Une femme est comme un arbre qui recherche l’éclair qui le fend tout en désirant croître. »
Je pense à toutes celles qui se sont éteintes…
Dans le lointain des choses possibles, certains ou certaines d’entre vous penseront que je suis intéressant mais pas du tout, pas du tout. Il ne faut pas trop s’approcher de l’être aimé. Il faut l’aimer de loin sinon c’est assez moche.
La seule chose qui m’intéresse : boire des livres.
Dernier concert de l’année au Puy de La Lune à Clermont-Ferrand ce mercredi 17 décembre. Ne pas trop boire de sapins avant de chanter…
Jean Lenturlu
journal de campagne d'octobre 2008
Entendu cette question sympathique à la radio il y a quelques semaines : « Et si les parachutes dorés ne
s’ouvraient pas ? »
Balthazar Cannibale commence à se diffuser peu à peu dans le petit réseau des libraires qui soutient notre travail… De nombreuses dédicaces en novembre et décembre.
Je pense déjà à un nouveau livre avec CD car je sens l’urgence de fixer mes nouvelles chansons pour qu’elles existent sans moi.
Cette réflexion de Georges Perros à ne pas oublier quand on se retourne vers ce qui est déjà vécu : « Nullement question de rester fidèle à soi-même. Fidèle à soi-même, c’est fidèle à son futur, non à son passé. »
Cette jeune libraire obscurcie par sa culture littéraire qui tord le nez devant B.C en tournant les pages et qui me demande : « C’est quoi la trame du livre ? » J’aurai dû lui rétorquer « Un tramway nommé désir » mais il n’est pas facile d’être insolent.
Jean Lenturlu
Balthazar Cannibale commence à se diffuser peu à peu dans le petit réseau des libraires qui soutient notre travail… De nombreuses dédicaces en novembre et décembre.
Je pense déjà à un nouveau livre avec CD car je sens l’urgence de fixer mes nouvelles chansons pour qu’elles existent sans moi.
Cette réflexion de Georges Perros à ne pas oublier quand on se retourne vers ce qui est déjà vécu : « Nullement question de rester fidèle à soi-même. Fidèle à soi-même, c’est fidèle à son futur, non à son passé. »
Cette jeune libraire obscurcie par sa culture littéraire qui tord le nez devant B.C en tournant les pages et qui me demande : « C’est quoi la trame du livre ? » J’aurai dû lui rétorquer « Un tramway nommé désir » mais il n’est pas facile d’être insolent.
Jean Lenturlu
journal de septembre 2008
Je reviens aujourd’hui 25 septembre de l’imprimerie. En deux heures, les pages du livre et la couverture ont été imprimées devant mes yeux un peu inquiets puis
fascinés par cette étrange métamorphose.
Je suis reparti tout à l’heure de Saint-Just La Pendue avec un exemplaire non façonné, tout tiède et que je regarde curieusement du coin de l’œil, avec l’appréhension de le relire et de trouver une coquille…
Les mille exemplaires seront prêts dans une semaine environ.
Commencé notre saison de spectacles à Ville-La-Grand, à proximité de Genève, dans une médiathèque fort sympathique (les personnes qui l’animent, bibliothécaires et bénévoles) qui est situé « Place du porte-bonheur ». Nous ne pouvions pas rêver mieux comme présage artistique.
Les nouvelles chansons commencent à mûrir au fil des représentations et se patinent au son de ma voix. L’interprétation est une alchimie délicate qui parfois est douloureuse. Depuis le début des spectacles, une chanson me rejette comme une dulcinée ulcérée par mon manque de sincérité. Trop usé ou perte de sens, mon chant n’est plus comme Deleuze le définit : « un cri horizontal » mais un vague contour autour des mots d’Apollinaire. La mémoire n’y peut rien, elle ne pense pas sentimentalement et fait son travail mécanique. Ne pas oublier que chanter n’est pas une activité intellectuelle.
Jean Lenturlu
Je suis reparti tout à l’heure de Saint-Just La Pendue avec un exemplaire non façonné, tout tiède et que je regarde curieusement du coin de l’œil, avec l’appréhension de le relire et de trouver une coquille…
Les mille exemplaires seront prêts dans une semaine environ.
Commencé notre saison de spectacles à Ville-La-Grand, à proximité de Genève, dans une médiathèque fort sympathique (les personnes qui l’animent, bibliothécaires et bénévoles) qui est situé « Place du porte-bonheur ». Nous ne pouvions pas rêver mieux comme présage artistique.
Les nouvelles chansons commencent à mûrir au fil des représentations et se patinent au son de ma voix. L’interprétation est une alchimie délicate qui parfois est douloureuse. Depuis le début des spectacles, une chanson me rejette comme une dulcinée ulcérée par mon manque de sincérité. Trop usé ou perte de sens, mon chant n’est plus comme Deleuze le définit : « un cri horizontal » mais un vague contour autour des mots d’Apollinaire. La mémoire n’y peut rien, elle ne pense pas sentimentalement et fait son travail mécanique. Ne pas oublier que chanter n’est pas une activité intellectuelle.
Jean Lenturlu
journal d'août 2008
Envie après coup de dire à cette jeune fille assez découverte qui écoutait mes chansons l’autre jour à la fête du livre de Bellevue–la-Montagne : « Votre ventre a une
platitude magnifique. »
Hier soir, Cognac day avec un court feu d’artifice aphoristique que j’ai compilé sur mon carnet (le cognac aide à penser mais il ne sait pas écrire).
Extrait : Je cherche dans mon cerveau une oasis de clarté. Et je ne trouve que de sombres prairies.
Ecrit il y a quelques jours une chanson avec l’aide du journal de Catherine Pozzi : « la femme invisible » que je chanterai certainement en rappel lors de mes concerts de septembre – octobre. Si vous venez au concert, il faudra donc me rappeler.
Cette phrase de Catherine Pozzi à Paul Valéry : « J’ai peur de vos bras qui tout de suite ont la forme de mon âme. »
J’aime son écriture et sa fougue sexuelle (je me comprends).
Aujourd’hui, j’ai découvert les photographies de Miroslav Tichy, ce n’est donc pas un jour idiot.
Jean Lenturlu
Hier soir, Cognac day avec un court feu d’artifice aphoristique que j’ai compilé sur mon carnet (le cognac aide à penser mais il ne sait pas écrire).
Extrait : Je cherche dans mon cerveau une oasis de clarté. Et je ne trouve que de sombres prairies.
Ecrit il y a quelques jours une chanson avec l’aide du journal de Catherine Pozzi : « la femme invisible » que je chanterai certainement en rappel lors de mes concerts de septembre – octobre. Si vous venez au concert, il faudra donc me rappeler.
Cette phrase de Catherine Pozzi à Paul Valéry : « J’ai peur de vos bras qui tout de suite ont la forme de mon âme. »
J’aime son écriture et sa fougue sexuelle (je me comprends).
Aujourd’hui, j’ai découvert les photographies de Miroslav Tichy, ce n’est donc pas un jour idiot.
Jean Lenturlu
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