Petite biographie rapide de Jean Lenturlu
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Petite biographie rapide
Jean Lenturlu
Né en 1961 à Montbrison, petite ville du Forez, il commence à pratiquer la guitare anecdotique au sortir de l'adolescence, ce qui lui permet tout de suite de chanter ses premières chansons (1977-1983).
Après un passage éclair en philosophie, il participe à une aventure artistique désordonnée en tant que chanteur - assiettomane (collectif de 6 musiciens - 6 comédiens) de 1983 à 1989 sous le nom d'Antisthène simagrée musique (séquelles philosophiques de sa rencontre avec les cyniques grecs).
En 1988, avec une partie du groupe sus-cité, il crée le Théâtre de Poche de St Etienne dont il devient le directeur artistique (1988-1996), participant aux différentes créations de ce collectif (BING, Les Maîtres Chanteurs etc.).
En 1996, il quitte la direction du Théâtre de Poche pour se consacrer à sa propre démarche artistique.
De 1998 à 2001, Jean Lenturlu sort trois albums CD en autoproduction : Démodiscus (1998), Wanted (1999) et Paroles en l’air (2001) avec ses complices Xavier Michel, Luc Achard, Christophe Nurit et à la culture du son Nicolas Hoste.
En 2006, sortie de « La forêt des hommes perdus », livre de 128 pages d'aphorismes, de dessins et de petites choses de la vie accompagné d'un CD de 12 chansons mis en page par Norayam Amrouni qui va habiller tous les livres de Jean Lenturlu jusqu'à "Tout s'arrange mais mal"...
En 2008, Jean Lenturlu présente un "carnet de voyages littéraires" suite à une commande d'écriture de Clermont-Communauté qui s'intitule "Balthazar Cannibale".
En 2010, suite à une commande de la communauté de communes de Billom St-Dier (63) de collectage de souvenirs de vieilles personnes en maisons de retraite, Jean Lenturlu sort un livre-disque “La fête bousculée” qui mélange les témoignages récoltés à ses propres émotions.
En 2011, Jean Lenturlu propose “Ouverture facile”, petit livre d’aphorismes et de dessins.
En 2012, sortie six ans après “La forêt des hommes perdus” d’un nouveau livre - disque d’aphorismes accompagné d’un CD de 14 chansons avec des dessins de Marc Gontier qui s’intitule “Le zoo des orphelines”.
En 2014, sortie de « Relica » un nouveau livre d'aphorismes accompagné d'un CD de 21 chansons posthumes extraites d'anciens albums épuisés, de maquettes et de captations en concert.
En 2016, sortie du livre d’aphorismes « Tout s’arrange mais mal » sur des fonds peinture de Ghislaine Vuillod pour fêter les dix ans d’existence de Privé de désert.
En 2020, sortie de l’abécédaire de brèves de lectures « Pareil à l’éléphant » avec des collages de Claude Ballaré sur une mise en page de madame Adélaïde.
En 2023, sortie du livre - cartes postales « Correspondances avec le monde d’après » (30 cartes postales à envoyer vers le futur) avec des collages de Claude Ballaré.
En 2024, création de l’animation spectacle « Jean Lenturlu dans tous ses états » qui peut se jouer chez l’habitant et dans des lieux intimes (cf présentation et contact dans la catégorie « animation spectacle » de ce blog).
Tous les livres de Jean Lenturlu sont édités par privé de désert et peuvent être commandés dans le réseau des librairies indépendantes.
Jean Lenturlu dans tous ses états
Durée du spectacle entre 1h15 et 1h45 modulable selon l'envie du public
Petite jauge (sans sonorisation)
maximum 30 personnes dans un espace intimiste
très proche de l'artiste et ambiance tamisée fournie par l'organisateur
Spectacle possible chez vous, dans votre salon ou votre jardin !
(appelez-moi pour plus d'infos)
PRÉSENTATION DE L'ANIMATION SPECTACLE
La forme de cette animation spectacle est résolument d'éducation populaire, accessible à toutes et à tous par son côté ludique et bienveillant ainsi que de type horizontal, c'est-à dire dans un espace où le pacte « scène-salle » est remplacé par un dispositif ouvert qui laisse une place à l'expression libre des spectateurs.
Le contenu de cette animation est composé des différentes activités créatives de Jean Lenturlu, l'aphorisme, la chanson, l'humour et la lecture de notes littéraires, certains extraits de ses ouvrages et d'autres inédits ainsi que la fantaisie improvisée de l'artiste et l'imaginaire des spectateurs.
Le dispositif de cette animation spectacle repose sur un tirage au sort par les spectateurs des différents modules possibles : aphorismes – histoire – rêve du public – chansons – brèves de lecture – minute de silence – prise de tension... Ces modules pourront être renouvelés par l'artiste au fil de ses idées...
Il n'y a que le début de l'animation spectacle et sa fin qui sont à chaque fois identiques.
Vous pouvez trouver une bio de Jean Lenturlu sur le site :
https://auvergnerhonealpes-auteurs.org/auteur/jean-lenturlu/
Jean Lenturlu artiste-auteur
téléphone 06 03 00 11 02 * courriel : lenturlu@wanadoo.fr
SIRET 93498544100013 APE 9329Z
Journal de campagne d'avril 2025
Jan Kott met en relief quatre aspects du théâtre shakespearien :
1/ L'histoire comprise comme un grand mécanisme — une roue qui entraîne les pitres et les bourreaux vers la grandeur et vers la chute, pour les remplacer par d'autres bourreaux et d'autres pitres auxquels elle réserve le même destin ;
2/ La subordination de la psychologie à la situation — c'est-à-dire un état du sujet dans le monde et dans la société où la décision et le destin ne sont qu'illusoirement maîtrisés par l'individu, qui croit les dominer alors qu'il est leur jouet ;
3/ La prédominance de la physis sur la loi et la coutume — autrement dit, la fin de la croyance médiévale selon laquelle la rationalité inscrite dans la nature, et donc dans l'être humain, donne à celui-ci les moyens nécessaires pour maitriser ses appétits, agir judicieusement, et se rendre conforme à cette nature dont il s'est écarté à la suite du péché originel ;
4/ Et enfin, le grotesque conçu comme un moyen de décrire la condition humaine après l'effondrement des valeurs, après la chute des dieux.
Richard Marienstras « Shakespeare et le désordre du monde»
Dans la manifestation du 8 mars 2025 pour la journée internationale des droits des femmes, ce slogan rapportée par ma fille Louise qui défilait à Lyon :
Ni papa, ni mari
Ni patron, ni patrie
Ce proverbe arabe : Contrairement à l'estomac, l'esprit ne prévient pas lorsqu'il est vide.
Dans « Vie et destin » de Vassili Grosmann : Avant la guerre, ce camp s'appelait camp pour criminels politiques. Le national-socialisme avait créé un nouveau type de détenus politiques : les criminels qui n'avaient pas commis de crime.
Qui peut dire combien il brûle est dans un petit feu. (Pétrarque)
Pour bien chanter, j'ai besoin de beaucoup d'amour.
Elle recherchait ce qu'elle ne pouvait offrir.
Dans une émeute comme dans un roman, ce qu'il y a de plus difficile à inventer, c'est la fin.
Alexis de Tocqueville
Hier soir, après de mûres réflexions, je me suis envoyé une lettre de rupture.
Et pour finir ce mois en queue de poisson, cette pensée de mon amie Natalie Clifford Barney :
Ce féminin regret de n'être pas davantage femme.
Jean Lenturlu
Journal de campagne de mars 2025
Je viens d'atteindre les limites de ma vie antérieure.
Lui : En vous donnant à un seul homme, vous volez tous les autres ! (Alexandre dans « La maman et la putain » de Jean Eustache)
La pure imagination n'existe pas. Si je devais définir l'imagination, je dirais qu'il s'agit plutôt de souvenirs mélangés. C'est une faculté qui, comme le rêve, permet de déplacer cette hiérarchie des valeurs qui dominent la vie courante. Tout n'est pas inventé dans ce que je dessine. Il y a même certains éléments (une pose, un regard, un pli de vêtement) que je vais chercher dans les photos de magazines car j'aime qu'un même dessin soit fondé sur une certaine diversité d'intentions et de factures : un détail exactement observé renforcera l'étrangeté d'une situation; telle partie du dessin demandera une exécution lente, une autre sera rapidement couverte, rendu réaliste et stylisation, à-plat et volume pourront coexister. Ma méthode ? Chercher d'abord un prétexte pour dessiner, une idée, que je trouve souvent en lisant ou en regardant des livres. Trouver cette raison pour me mettre au travail, c'est le plus difficile. Après il se produit un entrainement d'un dessin à l'autre. L'unité de cette série de dessins ne résidera pas dans un thème mais dans le laps de temps relativement court durant lequel je les aurai réalisés dans un état assez obsessionnel, si bien que dans ces périodes il m'arrive de rêver de dessins tout faits.
Roland Topor (Propos recueillis par Sylvain Lecombe pour Canal n°23 en 1978)
Ce que j'ai fait de plus intelligent dans ma vie : poser des questions idiotes.
Dieu dit : « Que la lumière soit ! » Et le ciel disjoncta.
Genèse ratée (1,3) rapportée par le prophète Lenturlu
Les jets d'eau que je regarde retombent toujours.
Rémy de Gourmont
Il était un livre ouvert mais qu'avec des pages blanches...
Et pour finir ce mois, cette question existentielle de mon ami poète touareg Hawad :
Combien de temps allons-nous exister sans aujourd'hui, écartelé entre hier et demain ?
Jean Lenturlu
Journal de campagne de février 2025
Elle : Combien de temps vas-tu encore garder ton amour en cage ?
Ecouté le cinéaste Werner Herzog à la radio dire : « Ce que j'ai fait n'est pas à moi. »
Même les analyses conceptuelles de la démocratie affichent toujours une perspective historique (ce qui est assez naturel) : elle consiste à assurer que la démocratie directe n'existe plus, du moins dans des états souverains, qu'on oppose à des unités politiques plus petites ; et cette indiscutables vérité tend à être suivie de l'affirmation qu'une telle démocratie ne peut plus exister à cause de la taille des sociétés modernes (ce qui revient en fait à ignorer que la technique moderne a rendu tout à fait possible un retour à la démocratie directe – que ce soit souhaitable ou non est une autre question - . )
Mogens H. Hansen « La Démocratie Athénienne (à l'époque de Démocrite) »
Petit poème :
Le temps passe et nous restons
Le temps reste et nous passons.
Dans les mémoires de Benvenuto Cellini :
« Il avait apporté des parfums précieux, des drogues fétides et du feu. »
507 romans sont attendus entre janvier et février 2025, c'est quasi 6% de plus qu'en 2024...(source Libération / Datalib et Aldec). Bravo la décroissance de l'économie du livre.
Elon Musk et sa fortune estimée en 2024 : plus de 400 milliards de dollars.
Depuis son association avec le roi Donald T., sa fortune a doublé. Son investissement dans la campagne présidentielle de Donald lui a rapporté mille fois sa mise ( ses fonds électoraux estimés à 277 millions de dollars) et le futur casseur de « bureaucratie » de l'Etat fédéral des USA a depuis 15 ans reçu près de 20 milliards de dollars en contrats d'état, souscrits par la Nasa et le département de la défense. Son entreprise Tesla n'aurait pas survécu sans un prêt d'Etat de 456 millions offert par le département de l'Energie en 2010. (Source Libération / Oxfam)
Cet aphorisme de Fernando Pessoa va comme un gant à notre Elon Musk actuel (qui avant sa conversion était anti- Donald) : « Ce n'est un secret pour personne que des âmes meurent parfois chez un individu pour être remplacées par d'autres. »
Paix à tes anciennes âmes, Elon !
J'aimerais vomir dans de beaux draps avec toi.
Quand elle est arrivée, j'ai tout de suite vu que c'était elle. Les personnes qui vont aux enterrements, sauf si c'est celui de leur mari, de leur mère ou de leur enfant, restent en retrait, sur le côté. Ils ne se mettent jamais dans l'axe de la souffrance des gens, comme si ça pouvait les contaminer. Les plus proches parents, eux, ne peuvent y couper, ils sont le premier rempart entre celui qui est mort et le monde des vivants.
Antonin Sabot « Nous sommes les chardons »
En tant de guerre, la vérité est si précieuse qu'elle devrait toujours être protégée par un rempart de mensonges.
Winston Churchill
Et pour finir dans les sonnets de Shakespeare (mon obsession actuelle), ceci (dites merci à Will) :
C'est surtout quand mes yeux se ferment qu'ils voient le mieux.
Jean Lenturlu
Journal de campagne de janvier 2025
Mon souffle, je l'ai ici
Mes os, je les ai ici
Ma chair, je l'ai ici
Avec eux je te cherche
Avec eux je te trouve
Mais parle-moi
Dis-moi quelque chose tendre
(Chanson d'amour aléoute du XIXe siècle)
D'après une estimation prudente des scientifiques actuels, notre voie lactée contiendrait 100 milliards d'étoiles... (Je pense qu'ils ont du mettre du temps à les compter une à une)
Cette description originale et étonnante de « l'extra-terrestre » dans un documentaire sur l'Univers par Seth Shostak, astronome à l'institut SETI :
Moi, je pense qu'ils ressemblent à des sortes de boîtes, posées là à la surface de la planète, avec des antennes pour communiquer avec le reste de l'univers. Ce sont des machines. Si vous étiez près d'elles, elles ne vous regarderaient pas, elles resteraient là à ronronner comme toute bonne machine.
Question : Mais ces machines n'auraient pas de concepteurs ?
Si, il y a des créatures pourvues de bras et de jambes qui ont conçu la première version de cette machine. Elles sont quelque part sur un disque dur, dans la machine. L'histoire de leur création sont quelque part dans leur mémoire. J'ignore ce qui nous attend mais ceci n'est pas de la science-fiction.
Ce journal du mois de janvier 2025, mon amie Clow ne le lira pas puisqu'elle devenue une étoile ce lundi 23 décembre et qu'elle reste dans le cœur de tous celles et ceux qui l'ont aimé...
Arshavin regarde sa bague, qui vient de luire.
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Bon, il reste... une minute. La porte va s'ouvrir au signal et il te faudra plonger, tu connais la contrainte. Tu te sens prêt, Lorca ?
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Absolument pas...
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C'est précisément ce que j'appelle être prêt. Cet état d'incertitude fragile, ouverte, qui rend disponible à l'inconnu. Crois-moi, Lorca, quoiqu'il arrive, tu vas vivre l'un des moments les plus intenses de ton existence. Reste ouvert.
Alain Damasio « Les furtifs »
A la réunion des veilleurs, ma collègue C. qui dit : « Il faut juste que je mette mes yeux en face des trous. »
Au marché de Noël de Billom, dans le quartier médiéval, beaucoup de monde qui visite les stands des artisans et une dame, après avoir écouté la rapide présentation de mes livres, me déclare comme un compliment : « Vous avez une belle nappe ».
Envie de mettre sur ma tombe ces mots de Robert Frost (Stopping by Woods on a Snow Evening) :
Mes amis,
Ces bois sont beaux, verts et profonds
mais j'ai des promesses à tenir
et tant de chemin à parcourir avant de dormir.
Un homme fataliste, est-ce celui qui aiment les femmes fatales ?
Jean Lenturlu
Journal de campagne de décembre 2024
Il y eut un pas décidé, la porte s'ouvrit brusquement et Nigel parut, dégoulinant de pluie, les joues rougies par le vent, les yeux brillants de tendresse et d'amour. Mary, qui voyait les flammes des torches se mettre à danser, sentit quelque chose qui l'étreignait à la gorge. Mais son esprit se souleva et se renforça en songeant que d'autres pourraient voir ce Saint des Saints de son âme. Il y a chez la femme un héroïsme que ne peut égaler le courage d'aucun homme. Ses yeux seuls transmirent à Nigel ce qu'elle pensait lorsqu'elle lui tendit la main.
A Conan Doyle « Sir Nigel »
La vie est un petit peu suspendue entre les souvenirs et l'oubli. (Jorge Luis Borges)
Sur scène, s'épuiser totalement au point de ne plus exister...
J'aurai pu lui dire : je n'ai pas assez dormi avec toi.
L'adolescence est un vide – Parfois on tombe dedans. (Mazarine M. Pingeot)
J'ai tendance à moins découper l'action pour laisser les comédiens jouer ensemble dans le même plan et dans la continuité. Cela a pour moi une vertu : jouer avec le spectateur.
La mise en scène, c'est quand on montre et ce qu'on montre pas, se tenir près ou loin des choses, sonder la distance entre un visage et sa parole. L'enjeu, c'est de créer assez de hors-champs pour que le spectateur puisse se faire son propre film. Que le film existe d'abord par ce qu'on ne voit pas : le hors-champ, l'ellipse, le non-dit, la musique des voix qui prévaut sur l'image.
Emmanuel Mouret « Entrevue dans Le Monde du mercredi 6 novembre 2024 pour la sortie de son film « Trois amies » – propos recueillis par Mathieu Macheret »
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Est-ce que Dieu existe ?
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Oui, bien sûr mais pas encore ! (Georges Steiner)
Le fait même de se rebeller définit l'homme et l'on est au cours de sa vie plus ou moins homme selon qu'on se résigne à sa condition humaine ou qu'on se rebelle.
Etre un homme, c'est aussi faire de la résistance contre la vieillesse, la maladie, le sida, contre le fait de devenir aveugle. C'est ne pas s'habituer aux horreurs de la Bosnie, de Hébron, de Beyrouth, du Soudan, d'Angola, d'Algérie.
Madeleine Riffaut (morte le 6 novembre à 100 ans) « Libération du 6 novembre 2024 »
Ce mercredi 20 novembre 2024, au journal d'informations de France Culture, un reportage sur la guerre en Ukraine avec le témoignage de cette femme à Kiev qui dit qu'elle met des dessous chics la nuit au cas où une bombe détruise sa maison et que les sauveteurs la trouvent...
Les habitations des Aléoutes étaient creusées dans le sol à une profondeur de 1,50 à 2 mètres. Les toits en os de baleine ou en bois flotté étaient recouverts de terre si bien que « lorsqu'elles étaient là depuis un certain temps, l'herbe les recouvrait (…) et un village avait l'apparence d'un cimetière européen garni de tombes » (Langsdorff in Lantis 1970). Certaines n'abritaient qu'une seule famille tandis que d'autres étaient des maisons communes occupées par plusieurs familles, longues de 12 à 20 mètres (Laughlin 1980).
Colin F. Taylor et William C. Sturtevant « Les indiens d'Amérique du Nord »
Et pour finir ce mois, travaillons ensemble l'expression de mon ami Samuel T. Coleridge :
« La suspension volontaire de l'incrédulité »
Jean Lenturlu
Journal de campagne de novembre 2024
Voyez-vous, par certains côtés, les gens qui n'existent pas sont bien plus gentils que les gens qui existent.
Lewis Caroll « Lettre à Sydney Bowles » (22 mai 1891)
Dans le Monde du mercredi 28 août 2024, article de Mara Goyet sur l'écrivain Roger Caillois : « (…) A cet égard, les ouvrages de Roger Caillois correspondent parfaitement, du moins pour moi, à ce type de livres, à ces retrouvailles, adultes, avec un monde enfantin : le caillou, l'insecte, le jeu, les paires et les contraires. La parenthèse fut évidemment pleine de fêlures et ne se referma jamais totalement. Néanmoins, Caillois suivit le mouvement du fleuve Alphée, ce cours d'eau mythologique qui se jette dans la mer, la traverse puis redevient fleuve sur un autre rivage. L'écrivain naquit dans les ruines, traversa l'immensité marine de l'imprimé, puis revint aux pierres muettes (« archives suprêmes, qui ne portez aucun texte et qui ne donnez rien à lire »). Mais qu'il s'attacha à décrire. En magnifique poète. »
Je n'ai pas assez dormi avec toi.
J'aurais voulu prendre mon envol dans tes yeux mais je n'ai pas pu décollé.
Se sentir vieux, c'est quand le futur est derrière nous.
C'était mon idole en tant qu'acteur. Jeune, j'ai fait un court métrage appelé « Le menteur ». Je l'ai écrit et je jouais dedans. J'imitais Jean-Pierre Léaud tout au long du film. Quand je l'ai dirigé, je lui montrais d'abord quoi faire. Mais en fait, je l'imitais. Puis, lui m'imitait de l'imiter. Un tour complet !
Aki Kaurimäski (Pour le film « J'ai engagé un tueur » 1991)
5 mars 1953 : mort de Staline.
« Je me souviens que lorsque j'ai quitté la maison pour aller à l'école, ma mère m'a dit : « Ne ris pas ! Souviens-toi qu'aujourd'hui, tu n'as pas du tout le droit de rire ».
Krzysztof Zanussi (Pologne) dans le documentaire « Rideau de fer, l'occupation soviétique » de Tania Rakhmanova (2022) sur Arte
Je suis si heureuse, et pénétrée d'une certitude profonde : je ne serai jamais totalement malheureuse. Je ne perdrai pas espoir. Aussi longtemps que je verrai un être humain en dehors de moi-même, je ne m'effondrerai pas.
Emmy Hennings « Prison »
Bientôt exposé comme au zoo, dans une cage (qui serait la scène ?) devant un public curieux, j'espère que je parlerai intimement à chaque spectateur au creux de l'oreille et que je m'échapperai de ma condition d'animal sauvage domestiqué...
Le second, c'était l'ambassadeur des soviets, Goukosky lui-même, ex-commissaire aux finances. Vous frappiez à sa porte. Il venait en personne vous ouvrir et vous répondait qu'il n'était pas là.
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Alors, reprenais-je, l'ayant parfaitement reconnu, voulez-vous lui transmettre une prière de ma part ?
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Si je le vois, répliquait-il avec sincérité.
Albert Londres « Dans la Russie des Soviets » (1920)
Et pour finir ce mois, une note de mon ami Albert Camus dans ses carnets (31 mars 1936) :
« Il me semble que j'émerge peu à peu.
L'amitié douce et retenue des femmes. »
Jean Lenturlu
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