Dédicaces 2025
Vous pourrez me retrouver avec mes livres ici :
- Vendredi 17 (vernissage à 19h) samedi 18 (10h-18h) et dimanche 19 (10h-18h) octobre au festival d'art singulier (avec une trentaine d'artistes) "Art Tanik" à Villié-Morgon (69) dans le célèbre caveau du village.
- Samedi 25 octobre de 9h30 à 19h à la librairie du Théâtre à Bourg-en-Bresse (01)
- Samedi 8 novembre de 10h à 17h au salon "CultureS d'Automne" à la salle des fêtes de Saint-Amant-Tallende (63) avec de nombreux exposants.
- Samedi 22 novembre à 11h Animation-spectacle "Jean Lenturlu dans tous ses états" à la médiathèque Louise Labé à Saint-Chamond (42) entrée gratuite.
- Samedi 22 novembre à 19h Animation-spectacle "Jean Lenturlu dans tous ses états" à la médiathèque à Billom (63) entrée gratuite sur réservation.
- Dimanche 23 novembre de 10h à 18h au salon des livres de Marvejols avec la librairie "Le Rouge et le Noir" de Saint-Chély d'Apcher (48).
- Samedi 6 et dimanche 7 décembre de 10h à 18h au marché de Noël dans le centre historique de Billom (63).
- Vendredi 12 décembre de 10h à 18h à la librairie Lulu à Mornant (69)
- Samedi 13 et dimanche 14 décembre de 10h à 18h à la librairie "Lucioles" à Vienne (38)
- Mercredi 17 décembre de 10h à 18h à la librairie "Le Carnet à spirales" à Charlieu (42).
- Samedi 20 décembre Animation-spectacle "Jean Lenturlu dans tous ses états" chez l'habitant à Vendôme (41)
- Mardi 23 décembre de 10h à 19h à la librairie "Les Volcans" à Clermont-Ferrand (63)
- Mercredi 24 décembre de 10h à 18h à la librairie "Horizons" à Riom (63).
Joyeuses fêtes de fin d'année !
Journal de campagne de décembre 2025
L. ce samedi matin (6h50) me montre le coin du mur et me dit en s'écartant : « Ici, il y a des étoiles d'araignée. »
Je ne me suis jamais guéri de la mort. C'est ce qui me scandalise le plus dans le monde. Je n'aime pas la musique et je n'aime pas mourir. Vous pouvez dire ça de moi.
Claude Lanzman (1925-2018) Cinéaste et écrivain.
Récife aussi contient de belles églises baroques; des fenêtres aux balcons travaillés leur donnent un air frivole et charmant. Dans le marché, des groupes entouraient les conteurs d'histoires; certains improvisaient en chantant; d'autres lisaient dans des brochures gauchement illustrées; ils s'arrêtaient avant la fin : pour la connaître, il fallait acheter le livre.
Simone de Beauvoir « La force des choses »
Les rapports de Zweig avec le théâtre sont jalonnés de morts, comme il le raconte lui-même dans son autobiographie, laissant ainsi entrevoir une certaine crainte superstitieuse. L'acteur Matkowsky, qui devait jouer Thersite, meurt le 26 novembre 1908, peu avant la première. En 1911, lorsque Zweig fera monter sa nouvelle pièce, Le Comédien métamorphosé, ce sera Joseph Kainz, pour qui la pièce avait été écrite, qui mourra subitement. Inquiet, Zweig n'en écrivit pas moins une troisième pièce, « La Maison au bord de la mer », en 1911. Il vit avec consternation mourir le directeur du Burgtheater, le baron Alfred Berger, qui venait de la mettre à l'affiche (...)
Ces morts brutales détournèrent Zweig de se consacrer au théâtre qui, pensait-il, lui aurait assuré un succès immédiat, mais l'aurait sans doute empêché d'écrire son œuvre de novelliste et de biographe. Peut-être faut-il remercier le destin, car il est peu probable qu'avec son seul théâtre Zweig eût connu la célébrité qui fut la sienne de son vivant.
« Album Zweig » (La Pochothèque) par Isabelle Hausser
Elle était aussi désolée que le paysage.
(Inspiration commune Paladine-Lenturlu)
L'enterrement de Spinoza - dans une fosse commune - se fit en présence de nombreuses personnes, dont quelques figures bien connues à La Haye, car le philosophe conservait un certain prestige et n'avait jamais cessé de recevoir des visites. Ses amis se chargèrent de ses textes, avec l'intention de les publier et surtout d'en conserver la mémoire, même si des conflits éclatèrent. Les rares biens qu'il possédait - quelques meubles, des vêtements et deux paires de chaussures, ses outils de travail, des draps et des coussins - furent vendus aux enchères pour payer son logeur et quelques menues dettes. Spinoza est mort comme il avait toujours vécu, avec discrétion, accompagné par ses amis et connaissances, qui étaient bien conscients de sa valeur.
Le Monde Hors série « Spinoza, la liberté de penser »
Les meilleures peintures et justement les plus parfaites du point de vue technique, en les regardant de près, sont faites de couleur l'une à côté de l'autre et produisent leur effet à une certaine distance. Rembrandt n'en a pas démordu, malgré toutes les souffrances que cela lui a valu. (Ces bons bourgeois trouvaient Van der Helst bien meilleur, parce qu'on pouvait aussi le voir de près.)
Vincent Van Gogh « Lettres à Théo »
Et pour finir ce mois, cette pensée de mon ami dessinateur Ralph Steadman :
Faire une erreur, c'est avoir l'opportunité de faire autre chose.
Jean Lenturlu
Journal de campagne de novembre 2025
En 2020, Donald Trump déclarait devant ses partisans au cours d'un meeting à Bemidji (Minnesota) : « C'est en grande partie une question de gènes, n'est-ce pas ? Vous avez de bons gènes dans le Minnesota ! » Des propos prononcés dans l'un des Etats où la communauté afro-américaine est le moins représentée, comme l'avaient noté plusieurs commentateurs. En réaction, l'American Society of Human Genetics (ASHG) avait publié une mise au point, rappelant que « la génétique montre que les humains ne peuvent être divisés en sous-catégories ou races biologiquement distinctes, et que toute affirmation d'une supériorité en fonction d'une ascendance génétique, ne repose sur aucune preuve scientifique. Il est inexact de prétendre que la génétique est un facteur déterminant dans les aptitudes humaines », ajoutait la société savante.
Stéphane Foucart « Le Monde » du mercredi 24 septembre 2024 article « Le retour du racialisme aux Etats-Unis et en France »
Ce mot découvert dans un article du Canard Enchaîné sous la plume de Tristan Berteloot : « démocrade ». On voit bien qui ils sont...
M , une libraire, qui m'explique qu'une cliente téléphone pour commander ses livres, demande le prix de l'ouvrage et le nombre de pages pour calculer le coût de chaque page...
Pour donner une idée de l'ampleur du travail qui attendait les partisans du renouveau, la Société nationale de presse (SNEP), qui sera créée par la loi du 11 mai 1946, aura à gérer 16 imprimeries à Paris et 270 en province, ainsi que 88 journaux parisiens et 394 titres provinciaux, sans parler des 20 immeubles de la capitale et des 145 situés en régions qui avaient été saisis à la Libération.
Jean-Yves Mollier « L'âge d'or de la corruption parlementaire 1930-1980 »
Dans une vieille émission d'Apostrophes de Bernard Pivot, l'écrivain théologien André Chouraqui dit qu'il aimerait qu'on grave sur sa pierre tombale : « Mort de joie ».
Le mot « Québec » est issu de la langue amérindienne Micmac qui veut dire : L'endroit où le fleuve rétrécit ».
Croit-on qu'elle puisse attirer les fils, la Gauche, ce grand cadavre à la renverse, où les vers se sont mis ? Elle pue, cette charogne ; les pouvoirs des militaires, la dictature et le fascisme naissent ou naîtront de sa décomposition ; pour ne pas se détourner d'elle, il faut avoir le cœur bien accroché. Nous les grands-pères, elle nous a faits : nous avons vécu par elle ; c'est en elle et par elle que nous allons décéder. Mais nous n'avons plus rien à dire aux jeunes gens.
Jean-Paul Sartre « Préface » à « Aden Arabie » de Paul Nizan (mars 1960)
Nous descendîmes vers la Sicile ; elle nous apparut au soir tombant, à un tournant de la route, piquée de lumières, frangée de brume ; nous nous arrêtâmes ; une voiture stoppa derrière nous : « Vous regardez la vue ? » dit le conducteur. Moi-aussi, chaque fois que je passe, je regarde. (…) Il balaya l'espace de la main et déclara avec emphase : « C'est la seconde plus belle vue du monde. » « Ah ? Dis-je, et quelle est la première ? » Il hésita : « ça, je ne sais pas. »
Simone de Beauvoir « La force des choses »
Et pour finir cette pensée de mon ami Edmond Locard, médecin pionnier de la police scientifique :
« Le temps qui passe, c'est de la vérité qui s'enfuit. »
Jean Lenturlu
Journal de campagne d'octobre 2025
Je suis épuisé de ne rien faire.
C'était un temps déraisonnable. On avait mis les morts à table. On faisait des châteaux de sable. On prenait les loups pour des chiens.
Louis Aragon
Je vivais dans une sorte de malédiction confortable. Je m'étais arrangé pour ne rien laisser paraître jamais ni de mes angoisses, ni de mes envies, ni même de mes vœux les plus secrets et qui eussent risqué de me laisser en mauvaise posture devant tel ou tel de mes contempteurs. Je vivais masqué. Je veux dire par là, cette cire commode dont on se peint le visage et, bien mieux, les sentiments, dès qu'on se sent traqué, soumis des fois, et au mieux, vaincu. L'indifférence confine à l'insouciante optique de tout ce qui peut être regardé, ou même vu de biais, en douce, en rupture de courtoisie. Les voyous ne sont pas tous enfermés dans les prisons. C'est une idée reçue. Il en est qui vaquent en toute tranquillité dans les salons, dans la rue, dans les ministères. L'orgueil de ceux de ma race est trop évident pour qu'il soit nécessaire de se démasquer le moment venu. Le moment est toujours là, présent, indéniable. Je savais que je n'en sortirais jamais de cette brume visqueuse que je prenais plaisir à faire tâter autour de moi à qui voulait bien, et dont je disais qu'elle était tout mon sentiment. Je vivais. Et maintenant, je vis. Seul.
Léo Ferré « Testament phonographique » (préface)
Dans la manifestation du 10 septembre (« Bloquons tout ! »), cette pancarte à Clermont-Ferrand où il y a écrit : « Leurs yachts échoueront sur nos grèves ».
Vous savez ce qu'est le charme ?
Une manière de s'entendre répondre « oui » sans avoir posé aucune question claire.
Albert Camus « La chute »
Dans les personnages que l'on crée, qu'ils soient littéraires ou dessinés, il y a une projection de soi-même, on y met de soi-même, parce qu'on aimerait toujours être autre chose que ce qu'on est.
Hergé (émission « Partage du jour » de Reginald Martel – Radio Canada le 7 avril 1965)
La qualité d'énergie contenue dans ce que nous écrivons nous demeure insoupçonnable, et ce n'est pas sans effroi qu'on constate que la pensée dispose d'un tel pouvoir d'intervention.
Louis Calaferte « Rapports » (Carnets VI 1982)
Cette phrase curieuse et poétique de Vimala Pons qui répond au journal "Libération" pour la sortie de son nouveau spectacle « Honda Romance » qui confronte les questionnements existentiels de la performeuse à la puissance de la technique et des éléments : Je me sens vraiment bien qu'avec un truc sur la tête qui risque de tomber.
Pour finir ce mois de rentrée littéraire, cette pensée de mon ami Jules Renard : « La phrase ne peut être que le filtre de la pensée.
Jean Lenturlu
Journal de campagne de septembre 2025
Où va-t-on après la mort ?
Là où sont les enfants qui ne sont pas encore nés.
Sénèque
La Normandie : terre cossue qui sent l'herbe verte et le Viking...
Les larmes de la marquise d'Ancre...
Je mène une existence stérile, centrée exclusivement sur moi-même : je ne m'en accommode pas du tout. Je suis rivé ici, parce que, comme je vous l'ai dit et comme vous l'avez compris, c'est mon travail d'écrire sur cette ville et je ne peux le faire qu'ici. Inutile de revenir sur tout ça. Mais ça ne me laisse à peu près personne avec qui parler. En d'autres termes, je me suis pris à mon propre piège. Sans le vouloir clairement, je me suis choisi la vie qui convenait le mieux au genre de littérature que je suis capable de faire. Les gens qui s'occupent de politique, les intellectuels, m'ennuient, ils me paraissent sans réalité; les gens que je fréquente à présent me semblent plus vrais : putains, voleurs, drogués, etc... Cependant ma vie personnelle s'en trouve sacrifiée. Cette histoire m'a aidé à mieux voir les choses entre nous ; l'an dernier, j'aurais eu peur de gâcher quelque chose en ne vous étant pas fidèle. Maintenant je sais que c'était idiot, parce que des bras n'ont aucune chaleur, quand ils se trouvent de l'autre côté de l'océan, et que la vie est trop courte et trop froide pour qu'on renonce à toute chaleur pendant tant de mois.
Nelson Algren (lettre à Simone de Beauvoir)
Ensuite, nous avons fait l'amour (on ne fait pas l'amour, c'est lui qui nous fait).
André Hardellet « Lourdes, lentes »
Je deviens fou de ne pas être ce que je suis.
Malgré la sécheresse et le changement climatique, y'aura t-il toujours la goutte d'eau qui fait déborder le vase ?
Je tournai cinq ou six films et, malgré les massacreurs de la salle de montage, j'avais réussi dans certains d'entre eux à faire passer une ou deux idées comiques personnelles. Connaissant désormais leur méthode de montage, je plaçais mes gags juste au moment où j'entrais dans une pièce ou bien quand j'en sortais, car je savais qu'ainsi ils auraient du mal à les couper. Je profitais de chaque occasion qui m'était offerte d'apprendre mon métier. J'allais de la chambre de tirage à la salle de montage, observant le monteur au travail.
Charlie Chaplin « Histoire de ma vie »
Sartre avait fait, comme moi, un atterrissage en Islande et nous nous étions promis de la voir. Nous y passâmes dix jours étonnés. Ce jeune volcan, peuplé seulement depuis le Xe siècle, ne possédait ni préhistoire, ni même un fossile; les ruisseaux fumaient, le chauffage central utilisait des eaux souterraines : le plus difficile, dans les chambres d'hôtel, c'était d'obtenir de l'eau froide; en pleins champs se dressaient des cabines qui étaient des « bains de vapeur ». Presque pas d'arbres : on appelait forêt un maquis ; mais des déserts de lave, des montagnes couleur d'œuf pourri, crachant des vapeurs de soufre, trouées de « marmites du diable » où la boue bouillonnait; des scories, dessinant dans les lointains des villes fantastiques.
Simone de Beauvoir « La force des choses »
Et pour finir ce mois de septembre, ce précepte de Louis Calaferte dans ses carnets (1974-1977) :
« Déceler la magie des actes »
Jean Lenturlu
Journal de campagne du mois de juillet 2025
La vanité est une faiblesse. Je le sais. C'est une dépendance futile au moi extérieur, à l'aspect qu'on a plutôt qu'à ce qu'on est. Je le sais bien. Mais j'ai déjà une cicatrice de la taille et de la consistance d'une méduse sur l'abdomen, et vous seriez surpris de voir combien l'image qu'on a de soi change quand on ne peut pas enlever sa chemise à la plage.
Dans mes moments plus intimes, je remonte ma chemise et je la regarde, je me dis que ça n'a pas d'importance, mais chaque fois qu'une femme l'a sentie sous sa paume tard dans la nuit, qu'elle s'est redressée contre un oreiller et m'a demandé ce que c'était, j'ai donné une explication aussi rapide que possible, refermé les portes de mon passé à peine ouvertes, et pas une seule fois, même quand c'est Angie qui m'a posé la question, je n'ai dit la vérité.
La vanité et la malhonnêteté sont peut-être des vices, mais ce sont aussi les premières formes de protection que j'aie jamais connues.
Dennis Lehane « Un dernier verre avant la guerre »
Dans le Canard Enchainé de ce mercredi 18 juin 2025, cet entrefilet étrange :
Psychose à Yaoundé : des individus soupçonnés de faire « disparaître le sexe » de leurs interlocuteurs ont été pris à partie par une foule en furie (actucameroun.com 12/6 et 16/6). Au point que le préfet du département du Mfoundi a publié un arrêt menaçant un plaignant de poursuites « pour simulation de victime de vol de sexe ». Les policiers avaient en effet constaté que « son sexe était bel et bien en place », l'homme admettant après coup que ce dernier avait « plutôt diminué de volume ».
Je vous laisse rêver à cette réalité poétique qu'on puisse se faire voler son sexe...
Pour un poète, il y a toujours conspiration du silence mais la pire conspiration c'est la conspiration du bruit car jadis il y avait le silence autour d'un homme et maintenant le silence fait un bruit infernal. (Entretien avec Jean Cocteau 1951 – Les nuits de France Culture)
Lui : La prochaine fois, je te demanderais conseil pour comment t'exprimer ce que j'ai à te dire.
Elle : J'aimerais bien que tu ai envie de me boire comme tu as envie de boire du thé vert.
Derrière les yeux du scribe, oui, qu'y-a-t'il. Derrière ces pierres serties ou verres de pacotilles, ce sont nos propres yeux qui nous regarderaient. (…) Ce regard impossible est celui de l'écriture.
Claude Maillard « Le scribe »
Le « réalisme socialiste », ce n'est pas un style, ce n'est pas un genre, c'est une méthode. Et une méthode qui consiste à décrire la réalité dans son développement révolutionnaire. Ce qui veut dire que si vous voyez un terrain vague inondé de boue, en fait, ce qu'il faut y voir, c'est la belle maison qui sera construite sur ce terrain, envahi par la boue, quand le chantier sera terminé.
Donc qui ne sait pas voir dans la réalité présente cette belle réalité future risque très fortement d'être éliminé.
« Les grandes traversées » de France Culture « Devenir Staline » (Les mots qui tuent)
Pendant deux mois, ne plus répéter tous les jours... Regarder Madame Takamine avec tendresse, lui parler sans l'effleurer, boire l'apéro avec elle, ne pas la prendre dans mes bras et vivre sans penser à elle...
Et pour finir ce mois chaleureux, cette pensée du comédien activiste Jacques Livchine (« à voix nue » sur France Culture) : Le théâtre doit réveiller les morts.
Jean Lenturlu
Correspondances avec le monde d'après
Livre de 30 cartes postales détachables paru en 2023
avec des collages de Claude Ballaré
sur une mise en page de madame Adélaïde :
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Journal de campagne de juin 2025
J'ai dérogé une fois et une seule à ma sacro-sainte règle de pureté antijeu. J'avais à peine plus de vingt ans et voulant faire « comme les grands », je me suis joint à une partie de poker, sachant tout de même que les sommes engagées ne seraient pas très élevées. Plus tard, bourrelé de remords, je m'en suis ouvert à mon père.
« Et comment t'en es-tu sorti ? » m'a-t-il demandé calmement.
-
« J'ai perdu quinze cents. »
-
« Dieu soit loué. Imagine que tu les aies gagnés. »
Isaac Asimov « Moi, Asimov »
Ce mois de juin, quatre animations spectacles chez des gens qui m'accueillent avec humanité pour que je leur offre le comique du désespoir, ce miroir impitoyable de notre condition humaine...
Je ne suis pas un bon orateur car je n'ai aucune suite dans les idées.
Tout à coup dans le hammam, il se sentit définitivement à poil et et à vapeur.
J'ai brûlé ma vie. Il ne me reste plus qu'à remettre le feu sur cette mince surface calcinée de la mémoire. Un jour, je rassemblerai le tout et c'est pour préparer ce terrible plat d'outre-tombe que j'écris ce livre.
Jean-Edern Hallier « Les Puissances du Mal »
Certaines femmes me provoquent des bouffées de servitude.
Elle : Je ne pourrais pas t'aimer si je ne te connaissais pas au-delà de toi-même.
L'institutrice parlant de N. à l'éducatrice : « Il est incoloriable ».
L'histoire est le récit des sociétés esclavagistes, féodales ou capitalistes constituées par ses trois composantes, la propriété privée, la famille et l'Etat.
Alain Badiou
Il reste maintenant la mort à accepter...
Il avait tellement cassé de sucre sur le dos des gens qu'il était diabétique.
Kleya : Vous voulez renoncer ?
Luthen : Tu dois te montrer attentive. C'est la vie qui nous met en face de ce qu'on a à perdre.
Série « Andor » (saison 2, épisode 10)
Et pour finir, cette pensée de mon amie Grisélidis Réal (lettre du vendredi 29 août 1980 à Jean-Luc Hennig tirée de « La passe imaginaire ») :
On ne vit bien que dans la douleur, pour se laver avant les joies et préparer le terrain pour de grands bonheurs sauvages.
Jean Lenturlu
Bibliographie Jean Lenturlu
Vous pouvez commander les livres de Jean Lenturlu dans toutes les librairies indépendantes
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